Aujourd’hui, la réglementation concernant la fin de vie est régie par la loi de 2016 dite « Loi Claeys-Leonetti ». Une proposition de loi (PDL) concernant, d’une part, le développement des soins palliatifs, d’autre part, l’instauration d’un droit à mourir par suicide assisté ou par euthanasie, avait été déposée à l’Assemblée nationale en janvier 2021, mais son examen fut interrompu par la dissolution. Elle a été de nouveau soumise à la législature actuelle de l’Assemblée nationale, puis au Sénat, mais cette fois-ci scindée en deux propositions : une PDL « visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs » et une PDL « relative au droit à l’aide à mourir » – c’est cette dernière que nous allons discuter ici.

Certes, et c’est déjà un message important pour nos autorités, au moment où j’écris ces lignes, le Sénat vient de rejeter la légalisation de la mort administrée ! Cependant ce texte devra ensuite revenir en deuxième lecture à l’Assemblée nationale puis, en cas de désaccord, sera discuté en commission mixte paritaire ; mais en dernier ressort, ce sont nos députés qui auront probablement le dernier mot.

Comment se positionner, en tant que chrétien, dans ce débat éthique essentiel qui va impacter notre société, voire notre humanité ? Examinons ensemble les arguments bibliques et aussi sociétaux.

Qu’en dit la Bible ?

Le message de la Bible s’oppose au principe d’une mort administrée par l’homme. Cet interdit de tuer dans la Bible (Ex 20.13 ; Mt 19.18…) a déjà été abordé dans des articles précédents. D’autre part, la notion de « dignité humaine », à laquelle font référence les partisans et les opposants à l’euthanasie, ne consiste pas seulement en la valeur intrinsèque que l’être humain se donne à lui-même, mais aussi et surtout en la valeur que Dieu lui donne (Jn 3.16…). C’est pourquoi […]