Travail : trouver son Ikigaï

Travail : trouver son Ikigaï

Trouver un travail qui nous plaît vraiment ou correspond à nos aspirations, est-ce possible ? C’est en tout cas ce à quoi invite le concept de l’Ikigaï. Décryptage.

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Publié le 6 novembre 2019

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

Aujourd’hui, on estime qu’avoir du travail, c’est déjà bien. Mais travailler en faisant quelque chose qui nous plaît est un idéal vers lequel on aimerait tendre – que l’on entre dans la vie active ou que l’on soit déjà pleinement engagé dans une carrière. On sait désormais que l’on va devoir travailler (plus) longtemps, on aimerait tant qu’à faire que ce soit aussi agréable que possible. Ce désir recouvre plusieurs aspirations, parfois complémentaires : faire quelque chose qui a du sens, se réaliser, exprimer un talent ou un don, s’épanouir, aider les autres, s’engager pour une cause, se sentir à sa place, utile, heureux ou libre… La quête de l’Ikigaï est peut-être une réponse. Comme son nom l’indique, ce principe vient du Japon, où il est adopté entre autres depuis des siècles par les centenaires d’Okinawa – et serait l’un des ingrédients de leur exceptionnelle longévité. L’Ikigaï, c’est la raison d’être, celle qui vous fait vous lever le matin. Mais, avant d’envoyer paître votre boulot alimentaire ou vos collègues insupportables, engagez vous avec discernement sur la voie de cette remise en question.

En premier lieu, l’Ikigaï invite à s’interroger sur quatre aspects liés à l’activité (et, par extension, au travail) :

  • ce que l’on aime faire,
  • ce pour quoi on est doué,
  • ce dont le monde a besoin,
  • ce pour quoi on est (ou on pourrait être) payé.

On observe ensuite que ces aspects se combinent déjà deux par deux :

  • ce que l’on aime faire et ce pour quoi on est doué définissent la passion,
  • ce que l’on aime faire et ce dont le monde a besoin révèlent une mission,
  • ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi on est/pourrait être payé établissent une vocation,
  • ce pour quoi on est payé et ce pour quoi on est doué qualifient une profession.

On a pour habitude de représenter l’Ikigaï sous cette forme graphique.

Pour autant, ce schéma met en évidence, à la jonction des trios, des failles et des limites, quand le quatrième quadrant est absent :

  1.  entre passion et mission, il y a une grande satisfaction et de l’épanouissement, mais pas forcément de contrepartie financière (l’aspect « être payé » est absent),
  2. entre mission et vocation, il y a une forte implication doublée d’enthousiasme, mais beaucoup d’incertitudes (les talents ne sont pas forcément mobilisés et interrogent sur la légitimité),
  3. entre vocation et profession, il y a un sentiment de confort, dû à la maîtrise et l’habitude, mais un effet de vide et de lassitude, voire de frustration (on ne fait pas ce qu’on aime),
  4. entre profession et passion, il y a une réalisation personnelle mais pas forcément d’impact (on ne trouve pas le public qui en a besoin).

Ces limites sont bien évidemment à considérer dans le cheminement, afin d’éviter de s’embarquer sans mesurer toutes les conséquences.

Enfin, l’Ikigaï, c’est le degré ultime, la combinaison idéale et l’équilibre entre ces quatre dimensions. Il est intéressant de considérer qu’avant d’arriver à définir le cercle intérieur, il y a un travail préalable, une réflexion, voire une maturation. Il est indispensable à toute envie de changement, désir de reconversion ou besoin de réorientation. Si les changements sont parfois souhaitables, ils se préparent. Car s’il est souvent excitant de vouloir « tout plaquer », pour s’adonner à une passion (profession artisanale ou créative, par exemple) ou à un métier qui a du sens pour les autres (coachs, thérapeute, accompagnant…), la bonne volonté ou la sincérité de la démarche ne suffisent pas – et qui plus est, personne ne vous attend ! Il est impératif de pouvoir aussi gagner sa vie avec cette nouvelle orientation, au risque d’aller de déconvenues en déconvenues, jusqu’à une issue qui peut s’avérer amère ou problématique sur le plan personnel, familial ou financier.

Etre accompagné dans une telle démarche s’avère indispensable, et de préférence par un professionnel expérimenté plutôt que par des coachs vendeurs de rêve (et qui réalisent surtout leur propre Ikigaï !). Il s’agit donc d’un travail de fond, plus compliqué qu’il n’y paraît, et qui amène probablement une orientation vers un travail/métier que l’on va pouvoir exercer de manière raisonnable et pérenne.

Pour approfondir ce sujet, retrouvez l’émission mensuelle du blog Inspirations positives sur Fréquence protestante le mardi 12 novembre à 18h : « Comment trouver le job qui me plaît ? ». Je vous y présenterai des pistes concrètes et l’interview d’un conseil en évolution professionnelle. A écouter sur 100.7 FM Paris, par RNT ou sur le web – et à ré-écouter en podcast sur le site de la radio.

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