À la recherche de Rembrandt

L’événement culturel de la rentrée est sans doute l’exposition que le musée Jacquemart-André consacre au maître du siècle d’or hollandais, Rembrandt.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 14 octobre 2016

Auteur : Anne-Marie Balenbois

C’est à partir des trois chefs d’œuvre de Rembrandt possédés par le musée Jacquemart-André que l’exposition a été construite. Chaque tableau, acquis par les fondateurs du musée, correspond en effet à une période différente dans la vie du peintre et illustre l’évolution de son parcours créatif, au plus proche de sa personnalité et de sa vie intime.

Débuts foudroyants

Encore très jeune, Rembrandt est remarqué dans son atelier de Leyde par des proches du stadhouder de Hollande, Frédéric-Henri (fils de Guillaume le Taciturne et petit-fils, par sa mère, de l’amiral de Coligny). L’inspiration biblique, dans ce pays marqué par la difficile indépendance des Pays-Bas calvinistes face à l’Espagne, est omniprésente. Elle est signalée dans l’exposition par un superbe tableau, Les pèlerins d’Emmaüs, qui montre l’instant précis où les disciples reconnaissent le Christ dans l’homme assis à leur table. Le stadhouder commandera par la suite toute une série sur la Passion du Christ. Cette période voit une profusion de travaux dans la même veine, comme La parabole de l’homme riche, ou Saint Paul à sa table de travail. La technique du peintre, la finesse psychologique de l’analyse des personnages atteignent déjà des sommets ; de nombreux dessins, gravures et eau-forte exposés en outre des tableaux aident aussi à comprendre les différentes facettes de l’œuvre du maître.

Peintre reconnu

La deuxième partie de l’exposition montre le Rembrandt des belles années de sa maturité, au sommet de la reconnaissance et des commandes prestigieuses. Tout en maintenant la production de nombreux tableaux d’inspiration religieuse, il multiplie également les portraits et autoportraits, puisant aussi l’inspiration dans sa propre famille. La femme du stadhouder, la princesse Amalia von Solms, est traitée de manière plutôt intimiste, un délicat profil qui ne ressemble pas au portrait officiel d’une princesse de l’époque, où le seul luxe semble s’être réfugié dans quelques rangs de perles et les splendides dentelles de son col. Faut-il y voir la simplicité calviniste, dans un pays où le prince ne porte qu’un titre de chef militaire, le stadhouder, pour ne pas sembler dominer son ombrageuse et opulente bourgeoisie ?

Triste fin

Alors que Rembrandt est au faîte de sa gloire, les déboires de sa vie privée joints à une très mauvaise gestion de ses finances le conduisent à une fin de vie solitaire et ruinée. La troisième période de l’exposition montre cependant à l’évidence que les difficultés de l’homme n’ont en rien nuit au talent de l’artiste. En matière de gravure, en particulier, le visiteur admirera la série des Trois Croix et celle du Christ présenté au peuple, dont les variations montrent combien Rembrandt a recherché au plus près la vérité de l’homme et ses contradictions, tout en témoignant d’une foi profonde. Après la mort de sa femme Saskia, il se met en ménage avec sa servante Hendrijke, au grand scandale de la société. Il a la douleur de voir mourir celle-ci, puis son seul fils survivant, Titus, représenté dans un superbe et poignant Titus lisant, peu avant sa mort. Rembrandt le suivra de peu dans la tombe.

Certes, l’exposition ne montre pas les célèbres Leçon d’anatomie ou Ronde de Nuit, intransportables, mais le génie du peintre n’en est pas moins bien visible et bien expliqué, dans toute sa diversité.

Rembrandt intime, du 16 septembre au 23 janvier au musée Jacquemart-André, 158 bd Haussmann Paris VIIIe. Ouvert tous les jours de 10h à 18h, lundi jusqu’à 20h30.

Dans la même rubrique...

« Le Choeur des femmes »

Emmanuelle Klein reçoit Aude Mermilliod pour sa adaptation magistrale du roman de Martin Winckler.

Un contenu proposé par Fréquence Protestante

10 mai 1940. « La drôle de guerre » et l’Armée du Salut

Au début de l'année 1940, à quelques semaines du déclenchement des combats (10 mai 1940), le public français se vit proposer deux films avec des héroïnes appartenant à l'Armée du Salut.

Un contenu proposé par Un jour dans l’histoire

Pierre Loti (1850-1923)

Pierre Loti – de son vrai nom Julien Viaud- a eu une carrière de marin et d’écrivain. Élevé par une mère protestante très fidèle à sa foi réformée, il n’a rien renié ni de ses origines, ni de son éducation. Il a beaucoup voyagé et a connu de son vivant une vraie gloire littéraire.

Un contenu proposé par Musée protestant

6 mai 1940. John Steinbeck et « Les raisins de la colère »

Le 6 mai 1940, John Steinbeck recevait le Prix Pulitzer pour son roman "Les Raisins de la colère".

Un contenu proposé par Un jour dans l’histoire

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

Paroles Protestantes – Paris

Paroles protestantes – Paris est le journal des réformés et luthériens en Région parisienne. Il apporte tous les mois à ses lecteurs informations et réflexions. Un dossier, préparé avec la presse régionale protestante, aborde chaque mois un thème de société.

logo

Derniers contenus du partenaire

Les dossiers thématiques de Regards protestants