Retour possiblement gagnant du maître japonais Hirokazu Kore-eda pour cette 75ème édition avec Broker (Les bonnes étoiles), une histoire merveilleuse et tendre.
Jean-Luc Gadreau
27/05/2022
Le blog de Jean-Luc Gadreau
Par une nuit pluvieuse, une jeune femme abandonne son bébé. Il est récupéré illégalement par deux hommes, bien décidés à lui trouver une nouvelle famille. Lors d’un périple insolite et inattendu à travers le pays, le destin de ceux qui rencontreront cet enfant sera profondément changé.
Dans la digne lignée de sa palme d’or 2018, Une affaire de famille, mais aussi de Tel père tel fils, ou Notre petite sœur, le nouveau Kore-eda vient questionner la famille dans sa complexité mais aussi dans le potentiel d’amour extraordinaire qui s’y cache. Une fois encore me direz-vous peut-être mais n’est-il pas le seul qui sache si bien le faire et le décliner toujours différemment en fixant son attention sur des points spécifiques ? Innovation ici tout de même puisque ce film marque la première incursion du cinéaste japonais dans le cinéma sud-coréen, et s’inscrit dans la continuité de son précédent long métrage, La Vérité, qui était également une production étrangère, se déroulant en France et mettant en vedette Catherine Deneuve et Juliette Binoche. Broker met en vedette le Sud-Coréen Song Kang-Ho, connu pour Parasite et Memories of Murder, Gang Dong-won de Dernier train pour Busan et la star de la K-pop Lee Ji-eun, plus connue sous le nom de IU par ses fans. Chaque comédien (et les rôles plus secondaires également) apporte sa part d’excellence nécessaire pour sublimer cette histoire déjà magnifique.
Kore-eda nous offre un scénario plein de sensibilité sur ce que peut-être une famille qui se choisie. Cela passe au-travers des ambiguïtés morales d’une mère qui participe à la transaction monétaire de son propre enfant, après l’avoir abandonné une première fois. Un pitch sombre qui pourrait annoncer un film glauque si le talent du cinéaste n’était pas à la direction d’orchestre de ce qui devient rapidement une œuvre sublime. C’est en effet une histoire difficile à raconter, et il faut donc un cinéaste aussi sensible et conscient de ses choix pour réussir une telle histoire. Les fondements philosophiques, éthiques, moraux et juridiques qui y sont abordés donnent lieu à une narration fascinante. Kora-eda oblige le public à suspendre ses jugements sur les décisions de chaque personnage, car ils ont tous, en fin de compte, une raison de se comporter ainsi. La vie est bien plus compliquée qu’elle n’y paraît… Il est à la fois empathique, tout en remettant en question leur éthique à chaque instant. Le questionnement se manifeste entre-autre par le biais de deux femmes policières, qui ne cessent de suivre les deux hommes avec le bébé et la jeune mère, qui est également suspectée dans une enquête pour meurtre. Les choses deviennent, de l’extérieur, assez compliquées, mais Kore-eda les raconte avec une telle clarté qu’il est facile de les saisir et rien n’est jamais pesant. Il faut souligner l’apport de la partition musicale, faite principalement de guitare et parfois d’un piano ou d’un quatuor à cordes, qui vient comme un baume adoucir ou nous ouvrir à une fraîcheur d’un sourire ou d’un regard.
Vous l’aurez compris, Broker est un film magnifique et marquant, dont la cinématographie ajoute une dimension supplémentaire de beauté en nous plongeant dans le monde délicat de Kore-eda. Il s’inscrit comme l’un de ses meilleurs et est certainement en lice pour la Palme d’or de cette année, mais encore plus du Jury œcuménique… réponse demain !
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