Après la lecture de l’ultime roman de Russel Banks Le monde enchanté, qui se passe en grande partie dans une communauté de Shakers en Floride, comment ne pas être attiré par ce film atypique dans son objet : la biographie d’une femme du XVIIIe siècle, qui devient la guide d’une communauté religieuse étrange.

Tout d’abord, il s’agit d’une femme qui deviendra ‘ Mother Ann’ (remarquablement interprétée par Amanda Seyfried, tour à tour visionnaire, compatissante et autoritaire), un exploit pour cette époque ; d’autre part, ‘ Mother Ann’ prône l’égalité entre les genres, les classes, et l’abstinence sexuelle totale entre les membres, même mariés ; enfin, les ‘tremblements’ lors du culte libèrent le corps du pêché grâce à la puissance de l’Esprit Saint qui purifie l’adorateur.

C’est là qu’intervient le choix esthétique de la réalisatrice : transcender ces manifestations vraisemblablement hystériques à l’époque en danses extatiques grâce à sa chorégraphe et à son chef opérateur. Filmées en 35 mm, parfois […]