Lui-même ancien élève de la principale école de Karabach et de ses classes allant de la maternelle au secondaire, Pavel (Pacha) Talankin y est devenu pédagogue, animateur de la vie scolaire en même temps qu’un vidéaste se plaisant à filmer les petits événements de la vie scolaire. Ce sont des scènes joyeuses et paisibles dans des locaux qui n’ont sans doute pas beaucoup changé depuis l’époque soviétique ; on découvre son bureau, toujours ouvert aux élèves, la cantine, un concert de piano, etc.

Mais c’était avant février 2022. Car dès le mois suivant, les directives du Kremlin tombent, imposant à toute l’école de participer à l’effort de guerre. Leçons (« la politique intérieure en Ukraine est définie par des radicaux, des nationalistes et des néonazis »), chants patriotiques, entraînements matinaux, défilés au pas, c’est tout un programme à visée militariste qui se met en place et change tout. Le groupe Wagner vient montrer comment lancer des grenades. Un professeur d’histoire enthousiaste explique à quel point les conséquences économiques de la guerre en Ukraine sont négatives pour l’Europe : selon lui, les Français doivent désormais dépenser 150 euros pour faire un plein d’essence ! Pour ses cours bien dans la ligne, ce professeur zélé recevra un nouvel appartement en récompense. Les élèves doivent apprendre aussi qu’en 2014, la Crimée elle-même a réclamé d’être […]