Avec Tout va bien, en salles à partir du 7 janvier 2026, Thomas Ellis propose un documentaire qui choisit de raconter la migration autrement. Produit par Unité et Someci, distribué par Jour de Fête et sous le haut patronage du ministère de l’Éducation nationale, le film plonge dans le quotidien de cinq mineurs non accompagnés arrivés seuls à Marseille, après avoir traversé déserts et mers. Cinq trajectoires singulières, cinq adolescences en construction, loin des images sensationnalistes habituellement associées à l’exil.

Un projet au long cours, fondé sur la rencontre

Le projet s’inscrit dans un temps long. Dès 2019, Thomas Ellis entame repérages et rencontres dans hôtels sociaux, foyers, écoles, hôpitaux et tribunaux. Des ateliers sont organisés pour créer du lien et permettre une pluralité de regards. Junior, Aminata, Khalil, Tidiane et Abdoulaye acceptent de participer au film, devenant acteurs à part entière de la démarche. Le tournage se fait avec l’accord du Tribunal pour les enfants et de l’Aide sociale à l’enfance, et les jeunes valident les images retenues, garantissant une éthique de travail rare.

©2025 UNITÉ – SOMECI

Immersion sonore et diversité des trajectoires

Tout va bien refuse l’accumulation d’informations. Le film privilégie l’immersion sensorielle avec, au programme, rendez-vous à la préfecture, tests osseux, préparation au bac, cauchemars nocturnes, moments de rire et de complicité… La caméra s’attarde, écoute, laisse le temps aux silences.

La bande sonore, conçue en collaboration avec l’Opéra de Marseille, tisse un paysage émotionnel mêlant musiques classique et contemporaine, sons urbains et atmosphères oniriques. Marseille d’ailleurs traverse le film comme un personnage à part entière. La ville est filmée dans sa beauté et sa complexité, loin des clichés.

La mer, omniprésente, devient symbole d’un ailleurs possible et d’un futur encore à inventer. À travers ces cinq parcours, le documentaire révèle la diversité des trajectoires. Une jeune fille en pleine transformation, deux frères face à la machine administrative, un lycéen préparant le bac, un autre découvrant l’école et la langue française. Adolescence et migration se répondent, deux passages faits d’hésitations, de désirs et de rêves.

Un film qui touche et ouvre le dialogue

Les avant-premières en milieu scolaire ont confirmé la puissance du film. Élèves, enseignants et futurs travailleurs sociaux témoignent d’une émotion profonde, saluant un documentaire « qui respire l’humanité », capable de donner « une autre image des migrants » et de susciter l’envie de s’engager. Beaucoup évoquent un film qui fait du bien, qui redonne espoir et ouvre un espace de dialogue rare.

Un message d’espoir à transmettre

Accessible à un public adolescent, Tout va bien se termine sur une note résolument positive. Sans nier les difficultés, il rappelle que derrière chaque parcours migratoire se trouvent des jeunes qui vivent, apprennent et avancent. En répétant à leurs familles « Tout va bien », ces adolescents affirment avant tout une force, celle de croire en la possibilité d’un avenir. Un documentaire précieux, profondément nécessaire, à voir et à partager – pour lequel La Cimade est partenaire.