Comme un oiseau sans ailes...

Comme un oiseau sans ailes…

Premier long métrage de Greta Gerwig, « Lady Bird » nous plonge au cœur de l’adolescence et d'une relation mère-fille tumultueuse.

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Publié le 28 février 2018

Auteur : Jean-Luc Gadreau

C’est parfois dans des films qui pourraient passer inaperçus, car loin des grosses productions hollywoodiennes, que se trouvent de très jolies choses qui font du bien et donne au cinéma aussi sa raison d’être. C’est ce qui ressort comme sentiment avec ce premier long métrage de Greta Gerwig, cette actrice particulièrement reconnue dans le cinéma indépendant américain.

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. 

Avec ce Lady Bird, cette nouvelle identité revendiquée par la jeune Christine McPherson, transpire cette envie, ce besoin, dirais-je même, de prendre son envol, de construire sa propre vie. Se libérer des barreaux de la cage que peuvent représenter le cercle familial, surtout quand celui-là, comme souvent, est aux antipodes de vos souhaits ou fantasmes de vos 17 ans. C’est ce que nous raconte tout simplement Greta Gerwing s’inspirant par là-même de sa propre histoire. Une tranche de vie, 1 an au cœur de ces instants si importants de l’adolescence où se forgent des choix, où se solidifient et se détruisent des relations, où les larmes coulent, où les rires se déclenchent, où certaines premières expériences se vivent. C’est une ado en crise, gentiment rebelle, qui vit ses premiers émois sexuels, mais qui surtout cherche un peu d’attention.

Il y a donc un peu tout ça dans l’histoire simple et touchante de Lady Bird, cette jeune fille aux cheveux roses. Rien d’extraordinaire me direz-vous… et en effet, là se trouve précisément la force du film… raconter l’ordinaire mais avec sensibilité, charme, sincérité et pas mal d’humour. Et surtout, joué avec classe et justesse, par la jeune comédienne irlandaise Saoirse Ronan qui incarne à merveille Christine, alias Lady Bird. Mais elle n’est pas seule et l’ensemble du casting colle parfaitement à l’histoire racontée. On y trouve Tracy Letts, Lucas Hedges ou encore la nouvelle coqueluche d’Hollywood, le Franco-Américain Timothée Chalamet dans le rôle d’un copain solitaire et particulièrement nonchalant. Et puis, il faut insister sur Laurie Metcalf qui incarne Marion, la matriarche du clan McPherson. Une femme particulièrement paradoxale dans ses attitudes, à la fois autoritaire, aimante, attachante, mais aussi parfois d’une immense froideur et très maladroite.

Vous l’aurez compris, les relations parents-ados sont l’un des enjeux forts du scénario et font de Lady Bird un intéressant film pour parler de la famille. Il y a aussi, et en parallèle une certaine réflexion sur l’identité, notamment au travers du prénom donné ou choisi… mais je ne vous en dis pas plus sur le sujet pour ne pas gâcher votre propre découverte du film.

Lady Bird sort en France ce mercredi 28/02 et surtout est en route pour les Oscars avec 5 nominations.

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Cinéma, culture, sport, spiritualité, société, Internet… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, mais aussi musicien, auteur, membre du jury œcuménique du cinéma, ambassadeur du SEL, directeur de l’EBCAM (École Baptiste de Communication, Arts, Multimédia) et supporter du PSG.

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