El Greco, mystique et flamboyant

Première rétrospective en France du dernier grand peintre de la Renaissance qui est aussi le premier du siècle d’or espagnol.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 11 octobre 2019

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Un vrai Européen, Grec influencé par Venise puis établi à Tolède.

De son vrai nom Domenikos Theotokopoulos, Le Greco est né en Crète en 1541, d’où son surnom. Sa destinée n’est pas banale : il aurait pu se contenter d’être un honorable peintre d’icône (à l’exécution très codifiée). Mais il est très jeune tenté par l’Occident, et d’abord par Venise qui occupe encore la Crète à son époque. Doté d’un caractère difficile, il échoue à se faire une place en Italie et se rend en Espagne où il trouve enfin des clients, surtout ecclésiastiques, avec des thèmes qui glorifient la Contre-Réforme triomphante. Ses années italiennes, à Venise puis à Rome, lui apportent cependant la technique avec la fréquentation des plus grands artistes qu’il se sent capable d’égaler, voire de surpasser.

Un peintre mal connu

Traité parfois de fou, Le Greco est finalement assez mal connu, d’où l’intérêt de cette belle exposition qui s’ouvre au Grand Palais à partir du 16 octobre. Son style original est tombé dans l’oubli assez rapidement après sa mort en 1614 ; ce n’est qu’au XIXe  siècle et surtout au début du XXe , que de grands artistes redécouvrent ce qui fait son génie et s’en inspirent pour certaines de leurs œuvres. Très logiquement, le parcours de l’exposition suit un cours chronologique pour mieux comprendre l’évolution de l’artiste avec une scénographie volontairement épurée. C’est dans les églises de Tolède que l’on peut voir habituellement de nombreux tableaux en situation, qui réinterprètent souvent des thèmes classiques. De nombreux musées ont cependant prêté des trésors, comme une très belle Assomption qui vient de Chicago après une restauration dans les règles.

Malgré une formation très italienne, Greco a développé un art original à plusieurs points de vue. Il affectionne dans ses tableaux d’église les silhouettes longilignes, avec de petites têtes, mais de grands yeux presque cernés qui accentuent le mysticisme des sujets. Sa palette est aussi particulièrement forte, d’où la séduction qu’elle a exercée sur les artistes modernes. Même ses compositions, comme l’étonnante Ouverture du cinquième sceau, tranchent avec celles de ses contemporains et ont certainement inspiré un Matisse ou un Picasso. Un peintre à redécouvrir pour son sens des couleurs, son talent multiforme et intemporel.

Greco, du 16 octobre au 10 février, musée du Grand Palais, VIIIe . Ouvert jeudi, dimanche et lundi de 10h à 20h, jusqu’à 22h lundi, mercredi et samedi. Fermé le mardi.

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