RELIGIONS

Faire banc commun

Depuis l’annexion de l’Alsace par le Royaume de France au XVIIe siècle, les églises simultanées accueillent à la fois des cultes protestants et des messes catholiques. Des bâtiments qui racontent l’histoire religieuse de la région.

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 14 mars 2022

Auteur : Anne Mellier

Le 24 octobre 1648, les Traités de Westphalie mettent fin à la guerre de Trente ans. Une très large part de l’Alsace devient française et les protestants y sont dans un premier temps respectés par la Couronne, la reconnaissance officielle de la religion luthérienne figurant sur les accords de paix. Rapidement toutefois, Louis XIV cherche à convertir ses nouveaux sujets au catholicisme. Sur conseil de son ministre Louvois, le roi décrète à partir de 1683 que, dans chaque village où se trouvent au moins sept familles catholiques, le chœur de l’église leur revient. Peu nombreux à l’époque en Alsace, ils n’ont pas les moyens de se faire construire des églises. Les protestants, eux, sont cantonnés à la nef. « Là où il n’y avait plus de prêtre, l’on en introduit de nouveaux, payés par le roi », détaille Gustave Koch, pasteur e.r co-auteur du livre Les protestants en Alsace. Du vécu au visible. « C’est notamment ce qui s’est passé à Rothau. »

Autels sur roues

Au XVIIIe siècle, l’Alsace compte plus de 150 églises mixtes. Mais sous Napoléon, de nouvelles règlementations visent « à faire en sorte que chaque confession ait son bâtiment, poursuit Gustave Koch. Les catholiques vont construire des églises avec, parfois, des dons protestants. » Le nombre de simultaneums diminue de moitié. La cohabitation n’est pas toujours facile dans les églises concernées. « Les catholiques tenaient à ce que l’accès direct à l’autel soit libre, qu’ils puissent le voir depuis l’entrée », détaille le pasteur. Il n’est donc pas rare de voir dans ces églises des autels protestants sur roues placés au centre de la nef le temps du culte puis rangés sur le côté.

« Les difficultés du partage de l’église concernaient aussi les horaires des messes et des cultes », explique Gustave Koch, dont les recherches semblent indiquer que l’entente entre les deux communautés dépendait pour une large part du caractère des ministres du culte.

« À partir de Vatican II, les catholiques ont parfois abandonné le maître autel, poursuit Gustave Koch. Les rénovations d’églises qui ont lieu depuis ont mis en place un autel mixte. » Cette réforme a participé à apaiser les relations entre communautés en favorisant « de nouvelles manières de faire œcuméniques. »

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