Un nouveau film magistral de Jacques Audiard racontant des histoires d’amour d’aujourd’hui au cœur des Olympiades, un ensemble de tours du 13e arrondissement de Paris
Jean-Luc Gadreau
15/07/2021
Le blog de Jean-Luc Gadreau
Quand Jacques Audiard est sélectionné à Cannes, on ne peut qu’être attentif… Palme d’or en 2015 pour Dheepan, bien évidemment, mais aussi Prix du meilleur scénario en 1996 pour Un héros très discret et Grand prix du jury en 2009 pour Un prophète, pour n’en rester qu’aux récompenses de la Quinzaine… Il ne serait pas surprenant de le retrouver samedi soir dans le palmarès 2021, et pourquoi pas pour une deuxième Palme d’or.
Les Olympiades est l’adaptation d’un roman graphique américain d’Adrian Tomine Les Intrus qui est à l’origine un recueil de six histoires. À travers d’innombrables fenêtres de ces monolithes de béton du 13ème arrondissement – et, entre eux, les toits bas et incurvés de La Pagode qui dessert l’importante population chinoise et vietnamienne du quartier – la vie ordinaire se déroule : fêtes d’anniversaire, soirées tranquilles devant la télévision, et même une séance privée de karaoké, alors qu’Émilie (Lucie Zhang), nue sur le canapé, chante une ballade orientale traditionnelle, et que son amant Camille (Makita Samba) la rejoint. Qu’est-ce qui les a amenés tous les deux jusque-là ? « C’est comme ça que ça a commencé » et l’intrigue remonte quelques semaines en arrière, lors de l’entretien de Camille comme colocataire potentiel de l’appartement d’Emilie. L’alchimie est évidente dès les premières secondes. La fougueuse Émilie et le brillant Camille forment le premier côté du quadrilatère romantique principal du film. Il ne faut pas longtemps avant de rencontrer les deux autres sommets. Il s’agit de Nora (Noémie Merlant), une agent immobilière bordelaise qui prend un nouveau départ à l’aube de la trentaine avec la reprise d’études à Paris, et d’Amber Sweet (Jehnny Beth), une star du sexe en ligne à laquelle Nora ressemble un peu. Les vies de ce quatuor se croisent de manière toujours passionnante et surprenante, grâce notamment à la volatilité fondamentale des jeunes urbains contemporains.
Si le sexe tient une place importante dans le film et la vie de ces jeunes urbains, il n’est pas aussi désinvolte et insouciant qu’ils aimeraient le laisser croire. Audiard nous fait percevoir qu’ils sont tous à leurs manières à la recherche de quelque chose, d’une sorte de connexion, physique ou virtuelle. Si le zapping permet à priori de se protéger, leur besoin profond commun se situe dans la nécessité de réparer des blessures personnelles. Un sentiment de perte s’insinue, un passage de génération. Camille pleure tranquillement la mort récente de sa mère, Nora cache un secret douloureux, la grand-mère d’Emilie sombre dans la démence, et Amber est désespérément seule derrière son écran. Ce sont là des portraits d’une jeunesse en quête d’elle-même. Sans dévoiler plus qu’il n’en faut, Audiard réussit à dépeindre une génération qui peine avec l’amour, mais il nous donne pourtant aussi de croire que tout n’est pas perdu, que dire encore « Je t’aime » aujourd’hui est possible et qu’il est bon d’espérer.
Audiard nous prouve une fois de plus qu’il gère son cinéma avec une aisance exceptionnelle et un style imparable, s’entourant de grands talents jeunes ou confirmés à tous les degrés de son ouvrage. Tout est beau ici. La musique notamment de Clément Ducol et de Rone qui est un véritable écrin sonore sur mesure pour l’histoire. Et la photo évidemment, Audiard travaillant pour la première fois en noir et blanc, avec une référence comme directeur photo en la personne de Paul Guilhaume, le réalisateur fait un choix intéressant qui donne étonnamment une « couleur » particulière qui devient atmosphère et participe au rendu de l’histoire. Ce n’est clairement pas qu’un choix esthétique ou un petit caprice artistique. Ces tours parisiennes en noir et blanc nous rappellent évidemment le regard de Mathieu Kassovitz avec La haine… mais ici s’arrête la ressemblance, Les Olympiades faisant le choix de l’amour… quoi qu’en y réfléchissant, un autre point commun pourrait être que Les Olympiades, lui aussi, est un film qui marque les esprits.
Avec la série "Harry Hole", Netflix adapte l’univers de Jo Nesbø et son inspecteur tourmenté. Dans la tradition du polar scandinave, l’intrigue mêle disparitions et meurtres sur fond d’Oslo hivernal, porté par un héros hanté par ses failles.
Avec "Caravane", Zuzana Kirchnerová signe un premier long métrage d’une grande délicatesse, nourri de l’expérience intime d’une mère confrontée au handicap de son enfant.
Sur la Côte d’Azur, tout commence comme une énigme. Une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Mais très vite, "Affection, affection déplace le regard".
Entre rires et maladresses, il y a cet âge fragile où l’enfance se fissure sans que l’on sache encore ce qui va la remplacer. En replongeant dans les années 80, "Juste une illusion" capte avec finesse ce moment où se dessinent les premiers atermoiements de l'adolescence.
Une pierre qui tombe, un retard imprévu… et soudain, des vies basculent. Mise en ligne le 31 mars sur Netflix, la série Ripple s’inscrit dans la lignée des fictions chorales qui privilégient la douceur des liens humains aux grands récits spectaculaires.
Quatre romans parmi les nouveautés de la maison d’édition Les escales : Donut girl, Les secrets de cuisine de Mrs Smith, La splendeur des Stockton, et enfin Le plus bel été d’Elin Hilderbrand.
Un contenu proposé par Le bal littéraire des sardines
Après leur retour sur la terre ferme, les astronautes d’Artemis II ont partagé leurs premières impressions lors d’une conférence de presse le 16 avril. Parmi eux, le commandant Reid Wiseman a évoqué sa rencontre bouleversante avec un aumônier.
Après plusieurs années de travaux, le temple Saint‑Martin s’apprête à rouvrir ses portes. Pour l'occasion, l’Église protestante unie de Montbéliard organise, jusqu'au 2 mai, une série de festivités mêlant concerts, expositions, conférences et temps spirituels.
Un contenu proposé par Paroles Protestantes Est-Montbéliard
Dans Compter les jours, Alain Veinstein, homme de radio et écrivain, offre une méditation épistolaire te mélancolique sur le temps, les livres et la peinture.
Entretien avec le pasteur baptiste Étienne Lhermenault, président fondateur du CNEF, aujourd’hui directeur des études à l’IBN et président de la Fondation Oïkonomia, autour de son rapport à la francophonie.
Avec la série "Harry Hole", Netflix adapte l’univers de Jo Nesbø et son inspecteur tourmenté. Dans la tradition du polar scandinave, l’intrigue mêle disparitions et meurtres sur fond d’Oslo hivernal, porté par un héros hanté par ses failles.
Un contenu proposé par Le blog de Jean-Luc Gadreau
Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Nous le faisons pour obtenir des statistiques de visites et améliorer l'expérience de navigation. Consentir à ces technologies nous autorisera à traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines fonctionnalités.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.