Tre Piani (Trois étages), de Nanni Moretti, explore les peines de la classe moyenne italienne à travers l’histoire de plusieurs familles résidant dans les trois étages d’un immeuble romain.
Jean-Luc Gadreau
12/07/2021
Le blog de Jean-Luc Gadreau
Tre piani (Trois étages), de Nanni Moretti, l’un des grands maîtres du cinéma italien de ces dernières décennies, est en compétition dans la section officielle du Festival de Cannes.
Loin des jongleries autofictionnelles d’antan, Nanni Moretti s’est taillé, dans ses dernières œuvres, un style que l’on pourrait définir comme néoclassique. Ainsi, son nouveau film, Tre piani est présenté comme une œuvre sobre, allergique à tout artifice, qui nous ramène sur le territoire de Mia madre, Habemus papam ou du désormais plus lointain La chambre du fils. Nous parlons ici de films qui se concentrent sur l’observation discrète des afflictions quotidiennes de leurs protagonistes. Un ensemble de douleurs qui ici se multiplient grâce à la forme chorale d’un film qui a pour personnages les voisins d’un immeuble de trois étages, situé à Rome. Nous sommes au cœur de l’Italie de la classe moyenne supérieure, où se côtoient juges, architectes et techniciens du bâtiment. Mais plus que la spécificité des professions et des situations financières des personnages, Moretti s’intéresse à l’universalité des drames qui se jouent dans ce même immeuble.
Basé sur le roman éponyme de l’écrivain israélien Eshkol Nevo, Tre Piani réunit, dans ses photographies familiales, un couple d’âge moyen (Elena Lietti et Riccardo Scamarcio) préoccupé par le bien-être de leur jeune fille qui, une nuit, se perd dans un parc avec un voisin âgé qui montre des signes de démence. On y voit également une jeune femme (Alba Rohrwacher) qui, confrontée à l’expérience difficile de sa première maternité, commence à soupçonner qu’elle est peut-être en train de devenir folle, comme sa mère. Dans un autre appartement, une adolescente (petite fille du voisin âgé précédent) tente de séduire le père de famille joué par Scamarcio. Enfin, Moretti lui-même et Margherita Buy, héroïne de Mia Madre, jouent le rôle d’un couple marié âgé qui doit faire face à l’épreuve juridique et aux frasques de leur fils, qui a tué une femme dans l’accident de voiture qui ouvre assez brutalement le film. À partir de cette tapisserie de prémisses dramatiques, le réalisateur italien construit une histoire dans laquelle la tension des conflits contraste avec une mise en scène extrêmement sobre et dépourvue de tout artifice.
Déployant une admirable économie formelle et dramatique, Moretti réalise un film qui, soucieux du temps qui passe – comme le montrent les deux ellipses de cinq ans qui ponctuent le récit – aborde avec une humanité désarmante des sujets aussi variés et universels que les peurs de la parentalité, la douleur de l’absence, le désarroi de l’entrée dans l’âge adulte, ou l’éveil à l’horizon de la mort (et pas mal d’autres sujets encore d’ailleurs). Basé sur le modèle littéraire du récit choral, Tre piani peut surprendre les téléspectateurs habitués à la structure narrative des séries télévisées. Moretti, au risque de paraître superficiel, préfère, lui, la synthèse de contours bien définis. Une fois encore, Moretti nous démontre son intérêt pour l’observation subtile et attentive des joies et des peines de la condition humaine et encore plus, sans aucun doute, l’énorme respect qu’il manifeste pour ses personnages.
Vous l’aurez surement ressenti, j’aime profondément le cinéma de Moretti… et si Tre piani a divisé la critique sur la Croisette, je fais partie de ceux qui prenne un vrai plaisir à entrer dans son regard et suivre sa manière de faire.
Avec Compostelle, en salles le 1er avril, Yann Samuell signe un film entre récit initiatique et drame social, porté par Alexandra Lamy, Julien Le Berre et Mélanie Doutey. Inspiré d’une histoire vraie, il explore avec humanisme les fractures contemporaines et les chemins de réparation.
Dès ses premières images, Un prophète version série (une création originale Canal+) frappe par sa brutalité : un immeuble s’effondre à Marseille, le corps de Malik est extrait des gravas. Seul survivant, déjà suspect. Le geste est fort, presque biblique. Comme si de ces ruines devait surgir une trajectoire, à la fois intime et politique.
Présenté et multi-primé au Festival du film de Saint-Jean-de-Luz," Les filles du ciel" marque avec délicatesse l’entrée en long métrage de Bérangère McNeese. Un film qui choisit la proximité plutôt que l’esbroufe, et fait de la fragilité un point d’appui pour raconter autrement la survie et le lien. En salles, ce mercredi 25 mars.
Dans Silentium, le cinéaste tunisien Nidhal Chatta plonge le spectateur dans un huis clos à la fois social et psychologique. Tout se déroule dans une vieille bâtisse en bord de mer, un immeuble décrépit où les existences se croisent, se surveillent et parfois se déchirent.
Ce dimanche 15 mars 2026, Bruno Salomone est décédé à l'âge de 55 ans. L’acteur se battait contre un cancer qui a récidivé l'été dernier. Notre chroniqueur ciné lui rend hommage.
Jour de silence entre la mort et la résurrection, le Samedi saint est souvent méconnu. Quelle est la date du Samedi saint en 2026 ? Que signifie cette journée dans la tradition chrétienne ? Et quelle place occupe-t-elle dans le protestantisme ? Explications.
À Valence, le pasteur évangélique Hagop Koujikian a fait l'objet de menaces de mort et de tentatives d'intrusion. Il témoigne d'une réalité méconnue du ministère pastoral.
Qu'attendre des aides sociales en avril 2026 ? À compter du premier jour du mois, les bénéficiaires d'allocations familiales et de la prime d'activité vont notamment voir le montant de ces prestations augmenter, tandis que les envois du chèque énergie vont débuter.
Conférences, rencontres, débats... Le Forum protestant, cercle de réflexion sur les sujets de société, vous propose une sélection de rendez-vous en avril !
Avec Compostelle, en salles le 1er avril, Yann Samuell signe un film entre récit initiatique et drame social, porté par Alexandra Lamy, Julien Le Berre et Mélanie Doutey. Inspiré d’une histoire vraie, il explore avec humanisme les fractures contemporaines et les chemins de réparation.
Un contenu proposé par Le blog de Jean-Luc Gadreau
Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Nous le faisons pour obtenir des statistiques de visites et améliorer l'expérience de navigation. Consentir à ces technologies nous autorisera à traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines fonctionnalités.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.