Good Omens, une délicieuse

Good Omens, une délicieuse mini-série

Divinement drôle et diaboliquement intelligent (et inversement). Good Omens, à la fois amusante et intelligente, surfe allègrement sur le récit biblique et le plan ineffable de Dieu.

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Publié le 10 juillet 2019

Auteur : Jean-Luc Gadreau

Synopsis : L’ange Aziraphale et le démon Rampa après 6 000 ans de vie sur la Terre ne se résignent pas à la venue imminente de l’Apocalypse. Meilleurs ennemis du monde, ils se liguent ensemble contre leurs autorités supérieures et tentent d’influencer le cours apparemment inéluctable des événements en éduquant l’Antéchrist chacun à sa manière. Mais si Dieu a un plan, il est ineffable.

Good Omens, la mini-série en une saison unique de six épisodes sortie sur Amazon Prime Video met en vedette Michael Sheen et David Tennant dans les rôles respectifs d’un ange et d’un démon devant faire face à l’apocalypse programmé précisément aujourd’hui, plus ou moins à l’heure du thé. Avant sa mort en 2015, Terry Pratchett, écrivain britannique connu pour ses romans de fantasy humoristique a demandé à Neil Gaiman d’adapter le roman éponyme qu’ils avaient publié ensemble en 1990 en une série télévisée. Cela a pris quelques années, mais Pratchett aurait sans doute été fier de la série que Gaiman a écrite pour lui – pointue, sombre et lumineuse à la fois, mais surtout hilarante et terriblement captivante. Mis en image par le réalisateur Douglas McKinnon, à qui l’on devait déjà quelques épisodes de Doctor Who et de Sherlock, l’humour de la série est résolument british, parfois à la limite du burlesque accompagné par une direction artistique colorée et onirique.

Good Omens est méchamment drôle, un brin irrévérencieux (mais très gentiment quand même) avec des relents bien agréables des Monty Pythons façon La vie de Brian. Il est également clair que tous les acteurs s’amusent comme des fous dans leur rôle, et ce genre de plaisir est contagieux et transpire littéralement de l’écran, vous enveloppant de sorte que vous êtes complètement happé par l’histoire. Car le point culminant de la série est possiblement l’alchimie entre Sheen et Tennant, qui est tout à fait charmante. Un ange et un démon – à la fois un peu plus saint et un peu plus vilain qu’ils ne devraient l’être – unissent leurs forces de façon sournoise pour créer la dynamique la plus amusante qui soit.

Alors voilà le tableau… les forces bibliques sont toutes rassemblées et les quatre cavaliers ont été convoqués. Tout le monde se prépare pour la bataille finale entre le ciel et l’enfer. Tout le monde sauf Aziraphale, une Principauté, un ange gourmet qui vit en Angleterre et exerce la profession de libraire spécialisé en couverture de ses agissements angéliques. et Rampa (Crawley, puis Anthony Crowley en anglais), un démon qui vit sur Terre depuis la Chute d’Adam et Ève dont il est responsable puisqu’il est le démon, le Serpent, qui a tenté Ève. Car finalement, depuis le temps… tous deux ont appris à aimer la Terre, et ont développé une certaine amitiés l’un envers l’autre (plus ou moins bien assumée). Mais essayer d’arrêter l’apocalypse n’est pas facile quand vous devez affronter vos patrons, comme l’archange Gabriel (Jon Hamm) ou Belzébuth (Anna Maxwell Martin), mais aussi se retrouver confrontés à une sorcière prophétique un peu paumée comme Anathème Bidule (Adria Arjona), descendante d’Agnès Barge professionnelle ou encore des inquisiteurs chasseurs de sorciers (Michael McKean et Jack Whitehall). Sans oublier au cœur de cette fresque fantasque une quantité d’autres personnages savoureux et d’idées comiques comme un chien sorti des entrailles de l’enfer qui se transforme en un adorable petit toutou, quatre cavaliers de l’apocalypse façon bikers sorti d’un manga raté, une bande de nonnes satanistes terriblement gaffeuses et, Adam, l’Antéchrist, devenu un adorable petit garçon de onze ans qui vit à la campagne et joue avec ses copains.

Alors, oui, bien sûr, la tradition chrétienne prend parfois quelques plombs dans les ailes, mais les ancrages bibliques sont extrêmement nombreux, souvent très bien choisis et initiateurs possible d’une réflexion bien plus profonde, si l’on veut dépasser le stade (déjà suffisant) du divertissement. La question du libre arbitre est notamment l’une des thématiques phares de la série, comme celle encore de la définition du bien et du mal et Good Omens peut aisément devenir un support ludique et de qualité pour les travailler.

Je ne pourrai enfin passer sous silence le petit plus qui personnellement m’a plutôt donner envie de visionner rapidement Good Omens. Aux États-Unis, une pétition signée par plus de 20.000 personnes (ou fanatiques religieux inculturés et un peu décervelés oserais-je dire ?… oui j’ose !) a réclamé l’arrêt de sa diffusion. Motif : elle ferait « passer le satanisme pour quelque chose de banal », et – oh blasphème suprême – Dieu est « elle »… car sa voix est en effet c’elle d’une femme (à la façon Desperate Housewives). Et comme le ridicule ne tue toujours pas… la très sérieuse demande fut adressée à la plateforme Netflix. Sauf que la série est produite et diffusée par… Amazon ! No comment…

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Cinéma, culture, sport, spiritualité, société… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, auteur, mais aussi attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

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