Par Robert Gill, Eglise protestante unie de Saintes-Cœur de Saintonge
La situation de l’Eglise d’Angleterre au début du 18e siècle était donc ambigüe. Voltaire a fait le constat que l’Angleterre était un pays de sectes : « Un Anglais, en tant qu’homme libre, s’achemine vers le Ciel par la route qu’il choisit ». On peut dire que dans ce pays, c’était « la foire aux confessions », où coexistaient le pluralisme religieux et l’Eglise d’Angleterre, Eglise d’Etat.
Un des problèmes de l’Eglise au 18e siècle était le niveau très faible des traitements du clergé. On était parti du principe que le clergé serait célibataire, mais les prêtres étaient pour la plupart mariés. Cela a encouragé le phénomène des cumuls où le prêtre assumait la charge de plusieurs paroisses. Le recrutement du clergé, de plus en plus, se focalisait sur les hommes qui avaient une fortune personnelle.
Les traitements très bas du clergé constituaient d’autant plus un problème que la population augmentait de façon importante : 5 millions d’habitants en 1700, 8,5 millions en 1800. Ce siècle a également vu l’émergence des conurbations industrielles. L’Eglise avait du mal à s’adapter à la vitesse croissante des changements sociaux, politiques et économiques, n’ayant pas la compétence légale pour changer ses structures. Par exemple, pour modifier les limites d’une paroisse afin d’en créer une nouvelle en fonction des évolutions démographiques, il était nécessaire d’obtenir l’accord du Parlement.
Le résultat de toutes ces tendances ? Un […]
