En plein vote de la loi Asile et immigration à l’Assemblée nationale, rappelons que les protestants français ont été, par le passé, directement concernés par des questions qui croisent migrations et législation.

Nous sommes alors en 1685 et Louis XIV, en révoquant l’édit de Nantes, leur refuse une forme de jus migrandi ou droit de partir. En effet, à l’exception des pasteurs, aucun huguenot qui désire rester fidèle à sa foi ne peut quitter le royaume, sous peine d’emprisonnement et de galères.

Or, depuis l’éclatement religieux de l’Europe moderne, il semblait acquis qu’un prince pouvait laisser partir ses sujets qui ne partageaient pas sa religion – tel avait été le cas des luthériens ou des catholiques allemands après la paix d’Augsbourg de 1555.

L’exil huguenot fut pourtant massif vers les pays du Refuge et quelque 150 000 à 180 000 protestants formèrent un des plus vastes courants migratoires de la fin du XVIIe siècle.

En réponse à l’édit de Fontainebleau, certains États protestants offrirent aux réfugiés des […]