Comment êtes-vous devenu chef de la chorale des Gospel Kids ? J’ai découvert le gospel à 17 ans, en 2000, en passant un jour devant l’église de Hautepierre, quartier où j’habitais. J’ai entendu Oh happy day qui est chanté dans Sister Act 2, film qui m’avait fortement marqué. À ce moment-là, il est devenu évident pour moi que j’allais rejoindre le groupe. J’ai mis de côté ce que j’aimais pour me consacrer entièrement à la chorale des High Rock Gospel Singers, créée et dirigée par le pasteur Frédéric Setodzo, qui a été super avec moi et m’a encouragé. Je n’avais pas la fibre d’un chanteur mais je crois que, avec de l’énergie, de la volonté et du plaisir, on peut faire beaucoup. En 2003, j’ai commencé à intervenir bénévolement dans des écoles. Je me sentais comme un vrai professeur et j’aimais, déjà à l’époque, beaucoup travailler avec les enfants. À la kermesse de fin d’année, j’ai ressenti l’enthousiasme des enfants et le plaisir des enseignants et des parents. J’ai laissé tomber mon travail dans un garage où je ne me sentais pas à ma place et j’ai fait des petits boulots à côté. C’est avec ma femme Flora, que j’ai rencontrée aux High Rock Gospel Singers, que j’ai créé les Gospel Kids en 2004. Que représente le gospel pour vous ? Au moment où j’ai découvert le gospel, j’ai senti que cela m’apporterait tout ce que j’avais espéré. À travers lui, on chante l’amour, la tolérance, le respect, le partage. J’étais un ado un peu perdu qui se posait des questions sur le sens de la vie et le bonheur. J’ai toujours aimé les chansons à message. Quand j’étais jeune, mes copains baignaient dans le rap et moi je me cachais pour écouter la comédie musicale NotreDame de Paris. Les professeurs ne croyaient pas en moi, on m’a mis dans une section d’enseignement adapté où on est en bleu de travail dans la cour et on n’est pas mélangé avec le reste des élèves. J’ai passé un CAP de mécanicien poids lourds, puis j’ai laissé tomber le BEP en cours. À partir du moment où j’ai commencé à chanter du gospel, des gens ont cru en moi. Quelles valeurs voulez-vous transmettre ? Beaucoup de jeunes ne se rendent pas compte de leur potentiel, dans tous les domaines de la vie. Il n’y a pas d’audition pour intégrer la chorale car je vois la marge de progrès dans les imperfections et je veux que les enfants prennent du plaisir, pas qu’ils soient rabaissés, comme j’ai pu l’être. Je donne beaucoup d’encouragement et veille particulièrement aux plus motivés et qui veulent progresser. Certains sont bluffants ! Que vous apporte votre foi dans ce travail ? J’ai un lien très fort avec l’Église et la prière est importante pour moi. Avec mes parents et mes cinq frères et sœurs, dont je suis l’aîné, nous allions tous les dimanches au culte et j’ai réussi à partager cela avec ma femme et à le transmettre à mes enfants. En 2001, j’ai effectué un voyage avec les High Rock Gospel Singers au Cameroun qui m’a donné une foi incroyable. J’y ai vu des gens qui ne vivaient que par leur foi. C’est là-bas que des personnes m’ont dit que j’avais un don et que le Seigneur m’appelait. J’ai toujours gardé cette voix en moi qui me disait que j’allais réussir quelque chose. Je suis aujourd’hui quelqu’un qui doute peu et qui n’a pas peur. Je pense que Dieu fait bien les choses et qu’on peut renverser les situations lorsque viennent les difficultés, en s’appuyant sur les gens qui vous aident.

Il a du gospel dans la voix et il y croit

Rencontre avec Alfonso Nsangu, le chef de la chorale d’enfants, Les Gospel Kids qui a la foi en ses élèves et en Dieu.

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 14 novembre 2018

Auteur : Fabienne Delaunoy

C’est un homme jovial et au large sourire qui nous accueille au « QG » des Gospel Kids dans le centre paroissial Martin Bucer du quartier de Hautepierre à Strasbourg. Le QG est un grand mot pour un petit bureau plein comme un œuf qui contient, entre autres, le matériel audio, les T-shirts et sweats à l’effigie des Gospel Kids et les costumes de scène. Au mur, sont accrochés les CD enregistrés chaque année depuis 15 ans et, sur la table, les nombreuses coupures de presse témoignent de la longévité et du succès de la chorale gospel, le plus important chœur de jeunes d’Alsace. Cet espace restreint est à l’image du parcours d’Alfonso Nsangu et des Gospel Kids : riche, foisonnant et dont la seule ambition est l’envie de faire plaisir. Car, malgré les stades de France, le plateau de Michel Drucker sur France 2 et les anciens des Gospel Kids qui se produisent dans les télé-crochets, le fondateur de la chorale et maître de chœur n’a jamais souhaité que le bien-être des enfants et par ricochet celui des adultes. « J’essaie de faire goûter au bonheur. »

Le gospel l’a révélé

Le bonheur, lui, il le touche des doigts depuis les débuts de la chorale. Il a grandi dans les quartiers populaires de Strasbourg dans une famille angolaise où la mode était au rap et où ses professeurs n’ont sans doute pas vu son potentiel. Le jeune Alfonso a dû attendre sa rencontre avec le gospel, via le pasteur Frédéric Setodzo qui a cru en lui, pour enfin se révéler. De cette expérience, il garde en tête que l’exigence ne signifie pas la distribution systématique des mauvais points. « J’ai envie de transmettre ma passion et de tirer le meilleur des enfants, qu’ils se sentent encouragés et valorisés. » Pour cela, il souhaite s’adresser au plus grand nombre, en pratiquant un prix modéré pour ses cours (50 J l’année) qu’il donne dans les quartiers de Hautepierre et de l’Orangerie à Strasbourg, à Illkirch-Graffenstaden et à Haguenau.

Il intervient également chaque semaine dans des écoles primaires de la région, sans compter la quarantaine de concerts par an assurée le week-end en soutien d’associations caritatives. Actuellement maître de chœur de 1 500 enfants au total, âgés de 5 à 15 ans, la vie professionnelle d’Alfonso Nsangu est bien remplie. Sa vie familiale l’est tout autant, avec une fille de 7 ans et un garçon de 4 ans, qu’il a eus avec son épouse Flora, responsable également des Gospel Kids. « Avec tout ça, heureusement que j’ai la bénédiction de Dieu… »

Quatre questions pour mieux le connaître !

Comment êtes-vous devenu chef de la chorale des Gospel Kids ?

J’ai découvert le gospel à 17 ans, en 2000, en passant un jour devant l’église de Hautepierre, quartier où j’habitais. J’ai entendu Oh happy day qui est chanté dans Sister Act 2, film qui m’avait fortement marqué. À ce moment-là, il est devenu évident pour moi que j’allais rejoindre le groupe. J’ai mis de côté ce que j’aimais pour me consacrer entièrement à la chorale des High Rock Gospel Singers, créée et dirigée par le pasteur Frédéric Setodzo, qui a été super avec moi et m’a encouragé. Je n’avais pas la fibre d’un chanteur mais je crois que, avec de l’énergie, de la volonté et du plaisir, on peut faire beaucoup. En 2003, j’ai commencé à intervenir bénévolement dans des écoles. Je me sentais comme un vrai professeur et j’aimais, déjà à l’époque, beaucoup travailler avec les enfants. À la kermesse de fin d’année, j’ai ressenti l’enthousiasme des enfants et le plaisir des enseignants et des parents. J’ai laissé tomber mon travail dans un garage où je ne me sentais pas à ma place et j’ai fait des petits boulots à côté. C’est avec ma femme Flora, que j’ai rencontrée aux High Rock Gospel Singers, que j’ai créé les Gospel Kids en 2004.

Que représente le gospel pour vous ?

Au moment où j’ai découvert le gospel, j’ai senti que cela m’apporterait tout ce que j’avais espéré. À travers lui, on chante l’amour, la tolérance, le respect, le partage. J’étais un ado un peu perdu qui se posait des questions sur le sens de la vie et le bonheur. J’ai toujours aimé les chansons à message. Quand j’étais jeune, mes copains baignaient dans le rap et moi je me cachais pour écouter la comédie musicale NotreDame de Paris. Les professeurs ne croyaient pas en moi, on m’a mis dans une section d’enseignement adapté où on est en bleu de travail dans la cour et on n’est pas mélangé avec le reste des élèves. J’ai passé un CAP de mécanicien poids lourds, puis j’ai laissé tomber le BEP en cours. À partir du moment où j’ai commencé à chanter du gospel, des gens ont cru en moi.

Quelles valeurs voulez-vous transmettre ?

Beaucoup de jeunes ne se rendent pas compte de leur potentiel, dans tous les domaines de la vie. Il n’y a pas d’audition pour intégrer la chorale car je vois la marge de progrès dans les imperfections et je veux que les enfants prennent du plaisir, pas qu’ils soient rabaissés, comme j’ai pu l’être. Je donne beaucoup d’encouragement et veille particulièrement aux plus motivés et qui veulent progresser. Certains sont bluffants !

Que vous apporte votre foi dans ce travail ?

J’ai un lien très fort avec l’Église et la prière est importante pour moi. Avec mes parents et mes cinq frères et sœurs, dont je suis l’aîné, nous allions tous les dimanches au culte et j’ai réussi à partager cela avec ma femme et à le transmettre à mes enfants. En 2001, j’ai effectué un voyage avec les High Rock Gospel Singers au Cameroun qui m’a donné une foi incroyable. J’y ai vu des gens qui ne vivaient que par leur foi. C’est là-bas que des personnes m’ont dit que j’avais un don et que le Seigneur m’appelait. J’ai toujours gardé cette voix en moi qui me disait que j’allais réussir quelque chose. Je suis aujourd’hui quelqu’un qui doute peu et qui n’a pas peur. Je pense que Dieu fait bien les choses et qu’on peut renverser les situations lorsque viennent les difficultés, en s’appuyant sur les gens qui vous aident.

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