Portrait

Joséphine Baker

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, Paroles Protestantes fait un zoom sur Joséphine Baker. Cette femme libre et engagée a participé à l’émancipation de la femme.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 8 mars 2022

Auteur : Esther Mélanie Boulineau

Joséphine a créé la femme moderne…

Baker est la première femme star afro-américaine à bousculer le monde. Elle s’habille en jupes courtes, se coupe les cheveux près du crâne et dévoile son corps. À sa manière, elle a aidé les femmes de son époque à s’affranchir du rôle dans lequel elles étaient enfermées depuis très longtemps. C’était une révolution. Peu à peu, les femmes ont travaillé à l’extérieur du foyer et se sont s’habillées à la mode garçonne. Les idées révolutionnaires de la chanteuse noire transformèrent l’identité de filles et créèrent la femme moderne.

… parce qu’elle a osé prendre des risques

Joséphine est née le 3 juin 1906 dans le Missouri, aux États-Unis. À cette époque, les Blancs ne se mélangent pas avec les Noirs. C’est la ségrégation raciale. Sa famille est noire et pauvre. Joséphine ne fréquente pas régulièrement l’école. Mais elle a la chance d’avoir des parents danseurs. Elle hérite de leur talent de danse. En 1917, quand les émeutes raciales éclatent dans le Missouri, Joséphine est meurtrie. Elle décide de quitter les USA à seulement 19 ans et émigre en France en 1925. Arrivée en France, elle crée la « danse sauvage ». Pour les Français, elle est juste une femme noire, nue, qui danse avec une ceinture de bananes. La France l’accueille sous les projecteurs du fantasme colonial des « années folles ». C’était l’époque où les thèses racialistes justifiaient encore des inégalités des races. Habités par le mythe du bon sauvage et le fantasme de la femme noire ramenée à l’état de nature, les Parisiens viennent la voir danser avec amusement.

Joséphine a su jouer avec les clichés

Au lieu de souffrir de cette image négative, Joséphine pousse à l’excès les stéréotypes qui lui collent à la peau. Elle se fait une place dans la société française et devient très vite une icône. Son allure décomplexée, la danse sauvage, la nudité assumée deviennent des gestes provocateurs qui témoignent, surtout d’un fort désir d’émancipation, chez cette jeune femme. Plus on la siffle, plus elle rythme le pas. Son succès est triomphant tant dans la danse que dans le chant et le cinéma. Ainsi, Joséphine se place sous les projecteurs d’une société dont elle se moque ouvertement, n’hésitant pas à tirer les grimaces les plus grotesques face au public. C’était aussi une manière de révéler les faux-semblants de la culture française, pétrie de clichés, prêcheuse de bonnes paroles, mais secrètement fascinée par les affranchis.

Baker était aussi une femme d’engagements

Toute sa vie est rythmée de nombreux combats. Reconnaissante envers la France, son pays d’adoption, Joséphine participe courageusement à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1940, elle entre dans les services secrets de la France libre, dissimulant des messages codés dans ses partitions et cachant de microfilms dans son soutien-gorge. Face au nazisme, elle rejoint les rangs du contre-espionnage français. Dans les années 1960, Joséphine devient une figure importante de la lutte contre la ségrégation raciale, portant sa voix aux côtés de Martin Luther King et de la Ligue internationale contre le racisme. Joséphine Baker devient la première femme noire à entrer au Panthéon. Le fait d’avoir dansé nue fut une étape importante dans le mouvement féministe. Joséphine a permis aux femmes de comprendre qu’elles peuvent décider de leur corps et de ce qu’elles veulent porter. Un vêtement dit beaucoup sur une femme, la jambe nue aussi.

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