Judy, l’Oscar de Renée Zellweger
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Judy, l’Oscar de Renée Zellweger

Judy est un hommage chaleureux et affectueux à l’actrice et chanteuse Judy Garland mais plus encore, un récit édifiant sur les pressions liées à la célébrité.

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Publié le 26 février 2020

Auteur : Jean-Luc Gadreau

Si jusqu’alors elle incarnait dans l’inconscient collectif le personnage de Bridget Jones, après la sortie de Judy (le 26/02 en France), Renée Zellweger restera sans doute aussi dans les mémoires pour son portrait parfait de Judy Garland qui vient de lui valoir l’Oscar de la meilleure actrice de l’année.

Après quatre décennies sur les planches, Judy Garland est une femme brisée, alcoolique, anorexique et couverte de dettes. Pour régler ses problèmes d’argent et pouvoir vivre tranquillement avec ses enfants, elle accepte une dernière tournée à Londres pour les fêtes de Noël 1968. C’est sa dernière chance, elle le sait, de pouvoir enfin mener une vie normale. Mais celle qui a commencé le spectacle à deux ans peut-elle vraiment espérer une vie normale ?

Judy – réalisé par Rupert Goold, avec un scénario de Tom Edge adapté de la pièce de théâtre End of the Rainbow, de Peter Quilter – fait la chronique de plusieurs semaines de la vie de la star six mois avant sa mort suite à une indigestion de barbituriques aggravée par 40 ans d’abus, qu’ils soient extérieurs ou juste le fruits de dépendances multiples. Il s’agit à la fois d’une célébration du courageux dernier combat d’une star emblématique et d’un récit édifiant sur une jeune fille brillamment douée dont l’enfance aura été volée par une industrie qui finira par l’abandonner et par de sombres producteurs qui nous rappellent des affaires actuelles peu glorieuses. Une jeune actrice victime de mauvais traitements qui ensuite, dans sa vie amoureuse autant que dans son quotidien, sera complètement dysfonctionnelle. Dans le jargon d’aujourd’hui, on dirait que Garland a souffert toute sa vie, malgré le succès, d’un extrême syndrome de stress post-traumatique. Le film nous présente ainsi une femme maniacodépressive non diagnostiquée. Si son énergie en phase maniaque lui a permis de toucher des dizaines de millions d’admirateurs, la maladie lui a aussi fait faire quatre tentatives de suicide…

Et puis… de cette histoire émouvante et terriblement révélatrice des démons qui se cachent parfois derrière les paillettes du star-system… rayonne l’actrice Renée Zellweger qui signe ici son grand retour ! Un rôle dans lequel elle a sans doute mis beaucoup d’elle, ayant vécu aussi, à l’instar de Judy Garland, une traversée du désert durant quasiment toute la décennie 2010. Elle est captivante dans chaque scène, qu’il s’agisse d’éblouir le public londonien ou de glisser au plus profond du désespoir alimenté par la drogue et l’alcool. À la fois amusante et terriblement touchante, Zellweger est Judy Garland tout simplement ! Elle chante aussi certaines de ses chansons les plus populaires, dont « Get Happy » et « For Once in My Life », et elle le fait très bien, appuyée par une partition parfaite. Rappelons-le quand même ici, on connaissait déjà les talents vocaux de Renée qui avait déjà remporté un Oscar du meilleur second rôle avec la comédie musicale « Chicago ». Prestation vocale donc mais c’est aussi par son physique qu’elle est remarquable… Même lorsque le public est dans la paume de ses main, « Judy Zellweger » et ses énormes yeux bruns véhiculent un vide duquel il ne semble y avoir aucun retour possible. Les blessures psychiques et physiques, l’actrice les porte dans son regard, dans sa posture et dans sa voix. Et enfin, pour parachever la prestation unique de l’interprète et donner un coup de grâce émotionnel, Rupert Goold réserve le sublime titre du Magicien d’Oz, « Over The Rainbow », pour une sorte de « chant du cygne » ultime et bouleversant.

Et justement, pour son deuxième film après True Story en 2015, le grand metteur en scène londonien Rupert Goold adapte ici une pièce mais sans jamais, heureusement, tomber dans du théâtre filmé. on peut reconnaître qu’il fait en tous points un excellent travail transformant chaque cadre en un véritable tableau. Les gros plans et les scènes où Judy est seule, avec ses regrets et son passé, sont très bien utilisés. Le film joue aussi astucieusement de flashbacks à certains moments, sans trop exagérer, pour donner juste ce qu’il faut pour comprendre la situation du moment.

Zellweger vient donc de remporter un Golden Globe et le fameux Oscar, alors maintenant place peut-être au prix du cœur du public français qui serait bien mérité !

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Cinéma, culture, sport, spiritualité, société… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, auteur, mais aussi attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

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