Le Fonds Ricoeur

Le lieu est beau, calme et plaisant pour qui aime les livres. Le philosophe Paul Ricœur lui-même a voulu que sa bibliothèque, riche de 12 000 volumes, soit intégrée à l’Institut protestant de théologie.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 14 juin 2016

Auteur : Catherine Robert

Depuis cinq ans, le Fonds Ricœur, situé au deuxième étage de la bibliothèque de l’IPT, accueille étudiants et chercheurs du monde entier. Dès l’entrée, la bibliothèque circulaire frappe, posée telle une grume dont les anneaux de vie seraient les rayonnages. Les ouvrages se font face : peut-être les philosophes de tous temps et de toutes régions échangent-ils ? Que peut bien dire Platon à Kant ? Tous les livres sont ouverts sur ma table ; il n’y en a pas un qui soit plus vieux que l’autre. Un dialogue de Platon est maintenant là pour moi (…). Je crois à cette espèce d’étrange contemporanéité, du dialogue des morts en quelque sorte mais conduit par les vivants (Paul Ricœur). Au centre de la bibliothèque, tous les ouvrages sont à portée de main. Actuellement, ce sont les ouvrages de Paul Ricœur et leurs traductions qui y sont exposés. Dans un second espace sont répertoriés environ 10 000 volumes, classés selon le vœu de Paul Ricœur, par thème de travail : herméneutique, philosophie et sciences humaines, philosophie et droit, philosophie et politique, temps bibliques.

Un lieu ouvert à tous

Le centre est très vivant et accueille un large public. Les ouvrages sont consultables sur place ainsi que les archives ; la demande est importante. Chaque second mardi du mois, un séminaire a lieu. En décembre dernier s’est tenue une journée d’études sur La croyance. Une entreprise a même demandé à son staff de lire L’identité narrative et a passé un week-end à travailler cet ouvrage. Mais tout ceci reste très confidentiel, confie Nathalie Ricœur-Nicolaï, petite fille de Paul Ricœur. Aujourd’hui, le Fonds Ricœur n’a plus les moyens de fonctionner. Les subventions se sont taries, les dons ne suffisent plus, souligne-t-elle. Aussi, aux mois d’avril et de mai a-t-elle lancé, avec l’équipe du Fonds, une campagne de dons par l’intermédiaire d’une plateforme internationale qui répond au doux nom de KissKissBankBank. Obtenir 50 000 € permettrait de faire fonctionner le centre pendant deux ans, mais surtout accueillir un public plus nombreux, car le souhait de Paul Ricœur était d’ouvrir ce lieu à tous.

Une dynamique internationale

Il s’agit aussi d’accélérer la numérisation et la diffusion des articles et archives en ligne. Poursuivre le développement du site Internet, diffuser une newsletter. Créer une communauté Ricœur afin de mettre du lien entre les chercheurs et tous ceux qui s’intéressent à son oeuvre, leur permettre de travailler ensemble, organiser davantage de séminaires et de colloques, et ceci aussi au niveau international, tel est l’objectif. Paul Ricœur disait qu’il était davantage reconnu à l’étranger qu’en France, et notamment aux États-Unis à Chicago, où il enseigna longtemps, qu’il appelait son second chez lui. Le philosophe est aussi très connu et reconnu en Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie et Amérique du Sud, surtout au Chili et au Brésil. Mais il reste des pays où il n’est pas très connu. Ainsi, faire connaître Paul Ricœur en Russie fait partie des projets. Faire connaître le Fonds Ricœur , renforcer l’Association Paul Ricœur et l’équipe d’animation, faire circuler l’oeuvre du philosophe : il y a des œuvres qui ne meurent pas.

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