Olivier de Serres

Le père de l’agriculture

2019 marque le quatrième centenaire de la mort d’Olivier de Serres. C’est l’occasion de revenir sur le parcours de cet homme, à l’origine de l’agronomie moderne et protestant convaincu.

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Publié le 23 décembre 2019

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Olivier de  Serres, issu d’une famille prospère de drapiers, est de ceux qui font honneur au genre humain. Cultivé, curieux, travailleur, soucieux de faire le bien en améliorant la condition paysanne, il était aussi d’une grande exigence spirituelle et s’est dépensé sans compter pour la communauté protestante de sa petite ville.

Un huguenot engagé

Né en 1539 à Villeneuve-de-Berg en Ardèche, Olivier de Serres a connu les guerres de religion, la pacification du pays grâce à l’avènement d’Henri IV et le début du règne de Louis XIII, jusqu’à sa mort en 1619. Bien que son père meure alors qu’il n’a que sept ans, il bénéficie d’une excellente éducation humaniste, apprend le grec et le latin et voyage en Europe, ce qui lui permet d’observer les différentes méthodes et types de cultures selon les pays.

Âgé d’à peine 18 ans, il acquiert le domaine du Pradel, et se marie l’année de ses vingt ans. Respecté pour ses sentiments religieux, il est chargé en 1561 par le Conseil des Anciens de trouver un ministre pour l’Église locale. Olivier de Serres part alors pour Genève et ramène un pasteur, qu’il installe chez lui avec sa famille avant de lui trouver un logement.

La région n’est pas épargnée par les guerres de religion ; il doit fuir et participe à la reprise de sa ville de Villeneuve-de-Berg en 1573. Il recueille aussi les neuf enfants de son frère Jean (devenu pasteur), mort prématurément avec sa femme.

Auteur de best-seller

C’est sur tout pour son œuvre qu’Olivier de Serres est resté célèbre. Son livre le plus connu, Le théâtre d’agriculture et ménage des champs, n’a cessé d’être réédité et suivi avec succès jusqu’à, au moins, la fin de l’Ancien Régime. Il s’attache à lutter contre les superstitions médiévales et promeut une agriculture de bon sens, en optimisant les ressources de la terre et en diversifiant les productions.

Il insiste – déjà ! – sur l’importance des abeilles et l’intérêt d’attirer les ruches. Sa foi protestante se traduit aussi dans sa confiance dans le travail de l’homme et sa capacité à progresser. Il est celui qui a remplacé la jachère par la culture de la luzerne, ce qui a permis aux paysans de mieux nourrir le bétail et de passer l’hiver. Il a introduit de nombreux produits  : la culture de la pomme de terre (la cartoufle), la pomme d’or ou tomate, le maïs, le tabac…

Des agriculteurs aujourd’hui redécouvrent la sagesse de son enseignement, qui respectait la terre et ses cycles tout en l’enrichissant par l’apport d’engrais et en ayant l’idée, par exemple, de cultiver le safran (qui se récolte à l’automne) sous des arbres fruitiers qui donnent au printemps, comme les cerisiers. Mais c’est bien sûr la culture des mûriers et l’élevage des vers à soie qui lui valut la reconnaissance d’Henri IV, soucieux de ne plus dépendre des importations chinoises.

De vieux mûriers, visibles en Ardèche et dans les Cévennes , témoignent encore du succès de cette opération. Dans un pays où pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France selon Sully, son presque contemporain Olivier de Serres a tout pour recueillir la reconnaissance de ses concitoyens, même quatre siècles après sa mort. Peutêtre même sommes-nous en train de redécouvrir la valeur de son enseignement, avec les limites que montre l’agriculture intensive de nos jours ?

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