Les mots comme les corps, au creux de ce roman se frôlent, glissent en douce un baiser, des larmes, un souvenir. Le livre de Gary Victor s’intitule Amours intranquilles et c’est un des plus beaux de ce début d’année. Carl Vausier, le narrateur et probable double de l’auteur, aime les femmes. Pas d’une façon médiocre – à vous de cocher les cases dans un dictionnaire, à la recherche d’un autre adjectif. Il les regarde et les admire. Ainsi dit-il de Jézabèl : « Elle laisse sa chevelure en liberté sur ses épaules, une liberté que la mise en plis rend plus sauvage, plus attirante, plus mystérieuse. » En un mot comme en cent, ce personnage qui remonte le cours de son existence fait comprendre qu’à chaque instant ce sont les femmes qui lui ont donné le parfum de la vie – de la transcendance aussi.
Tout se passe en Haïti. Autant dire que la souffrance et […]
