Le 5 juillet 2022 trente-cinq enfants et seize femmes du camp de Roj, en Syrie, ont été rapatriés en France. Des épouses et des enfants de combattants de Daesh. La plupart d’entre nous ont eu vent de cette information par les médias. Sana, elle, était dans cet avion. Dans En quête de liberté, la jeune femme raconte son histoire. Celle d’une revenante pas comme la majorité des autres. Contrairement à sa mère et d’autres femmes de jihadistes qui ont choisi de rejoindre l’État islamique, Sana a été conduite de force en Syrie, puis mariée contre son gré avec un belge radicalisé, alors qu’elle n’avait que 15 ans.

Le récit commence par un interrogatoire au siège de la DGSI à Levallois-Perret. L’occasion pour la jeune femme de raconter son histoire. Née de parents algériens à Roubaix, elle grandit aux côtés d’un père aimant mais peu présent et d’une mère qui distribuent plus de coups que de caresses à ses enfants. Une mère qui se radicalise progressivement et suit son frère en Syrie, emmenant avec elle ses enfants sous couvert de vacances chez leur grand-mère.

Résistance

Sana passera neuf ans là-bas, faute de moyens pour payer un passeur qui la ramènera en France. Une décennie sous les bombes, puis dans les camps où les femmes radicalisées font régner leur loi. De retour en France, Sana entame un […]