Certains jouent du couteau, d’autres du paradoxe. Un mot dans une direction cache leur main, toutes les cartes qu’ils tiennent ont l’air d’être des masques. Enfant de la Grande Guerre, amoureux de la France, épris de chamboule-tout jusqu’à porter la chemise noire – avant que d’être emprisonné par les sbires de Mussolini –, pourfendeur des illusions mais aussi maître en songes, Kurt Erich Sucker a laissé dans la littérature un pseudonyme, Curzio Malaparte, et dans le domaine de l’architecture une villa qui surplombe la Méditerranée.

De cet écrivain fantastique un volume paraît ces jours-ci. Les chefs-d’œuvre en sont Kaputt et La Peau. Mais d’autres textes, plus courts et moins connus, notamment La Tête en fuite, valent beaucoup. Reflet des combats de Reims et du Chemin des Dames, où l’auteur mit toute son ardeur et son courage contre l’Allemagne, écoutons cette phrase : « Tout le monde sait gagner une guerre, tout le monde n’est pas capable de la perdre. Mais il ne [..]