Dracula en avait assez. Il était las, épuisé d’être craint et détesté. Dans ce château, perdu au milieu des forêts des Carpates, siècle après siècle, il se sentait terriblement seul et errait dans les couloirs. Le temps paraissait tellement long à ce « boit-sans-soif » dans cette bien triste demeure. « Il voulait se souvenir de la douceur de la vie. Il voulait qu’on l’aime un peu aussi. » Un matin, c’est décidé : fureur apaisée, plus de proie hypnotisée et plus de sang avalé. En revanche, il y a une chose à laquelle il ne put renoncer : son style. Il brodait, cousait et coupait ses tenues. Une passion qui lui réchauffait le coeur. Le temps passait, les siècles se succédaient, ses nuits s’égrenaient, tout le monde l’oubliait. « Dracula dessinait, lisait, méditait, tricotait pour réchauffer les hérissons tombés en hypothermie, lisait encore et encore , dessinait… » Grâce aux nouvelles technologies, il avait partagé ses créations.
Mais tout le monde se demandait qui pouvait être ce mystérieux créateur. Et un jour, Mina Vermeil, pigiste tenace et bien décidée à rencontrer de styliste, réussit à mettre fin à l’exil de Dracula. La rencontre se fit enfin. « Elle tomba instantanément sous le charme de cet étrange personnage. » Dracula, lui, fut d’abord […]
