Vouloir donner la vie. Terrible dialectique du désir et de l’angoisse. Une femme en sait quelque chose, qu’un homme, évidence, ne peut connaître de la même façon. Marion Fayolle publie Petit fruit, deuxième roman. « La déception perle entre ses cuisses, coule le long de ses jambes. Elle avait pourtant mal aux seins depuis quelques jours, elle y croyait. » Le chagrin de cette jeune femme pourrait passer pour mineur, tout au contraire il accroche notre cœur. Sans doute parce que nul pathos, nul excès n’invitent à l’épanchement. Des phrases brèves, mais rythmées toujours avec justesse. On dirait d’elles un swing, léger, si le sujet de l’infertilité s’y prêtait.
Mais voici que surgit l’impensable, un drôle de type, qui frappe à la porte de la maison. « Le mari ouvre, un homme entre. » On vous l’a dit, le livre ne s’embarrasse pas de commentaires. Et puis soudain, l’intrus déclare : « J’ai encore de toi plein les mains, ça fait des années que j’attends ce moment, que j’imagine te retrouver. La femme essaie de […]
