Ce n’est pas un roman, puisque le monsieur dont il est question, le personnage principal du livre, existe bel et bien. Mais déjà vous devinez le stratagème de Blaise Hofmann : en publiant Le Peintre célèbre du village voisin, l’écrivain suisse ne se contente pas de décrire un homme haut en couleur à son déclin. C’est bien le caractère éminemment romanesque de toute vie qui, derrière le portrait d’un créateur, attire son attention. Plus tout à fait jeune, mais pas encore vieux, l’auteur, à plusieurs reprises, du moins nous demande-t-il de le croire, vient à la rencontre de Pietro Sarto. La fiche qui concerne cet artiste, sur Internet, indique avec simplicité qu’il est figuratif, qu’il vit et travaille à Saint-Prex, « bourgade médiévale au bord du lac Léman ». Blaise Hofmann en dit tout autre chose. Nous pourrions citer trois phrases de lui, pour vous donner le ton, mais ce serait le trahir.
Par grappe de paragraphes, que l’on prendrait pour des stances tant les rimes intérieures donnent à l’ensemble une saveur de poème, l’écrivain fait comprendre au lecteur que le […]
