Quoi de neuf ? L’Homme

Après plusieurs années de travaux, le Musée de l’Homme a ré-ouvert et propose un nouveau parcours scientifique et artistique dans un cadre superbe.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 25 janvier 2016

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Selon un adage bien connu du XXe siècle, tout est politique. Dans l’ancien musée, la présentation de l’évolution humaine était non seulement poussiéreuse mais aussi datée d’une époque où s’exprimait encore une certaine condescendance des pays dits civilisés sur les autres, de l’homme moderne par rapport à celui de la préhistoire. Les curieux, dans les premières années, pouvaient même s’esbaudir devant des types humains « primitifs » ou « sauvages », dont la « Vénus hottentote » fut l’exemple le plus tristement célèbre.
Aujourd’hui, tout a changé. Dans les immenses galeries très lumineuses, les espaces sont organisés selon des thèmes soigneusement sélectionnés qui en disent beaucoup sur la façon dont les chercheurs souhaitent mettre les sciences humaines en lumière : Au croisement de la biologie et de la philosophie, de l’anthropologie et de l’histoire, le Musée de l’Homme prolonge le discours porté par les autres galeries du Museum national d’Histoire naturelle. Il convoque toutes les disciplines scientifiques pour poser un regard riche et bienveillant sur notre humanité dans toute sa diversité et ouvrir des pistes sur l’avenir que nous nous forgeons, indique Bruno David, le directeur du Museum.

Tous semblables

En fait, il ne s’agit pas seulement d’un regard bienveillant mais aussi d’un sentiment d’appartenance commune, ce qui nous emmène très loin. Par exemple, une vitrine rassemble les esprits protecteurs, conçus dans toutes les civilisations du monde pour rassurer et protéger les humains. Amulettes, statues d’idoles voisinent sur le même plan qu’un crucifix (qui représente le christianisme, les protestants apprécieront), ou un chandelier de Hanoukka (juif). L’universalité de la condition humaine s’applique aussi aux deux sexes ; une autre vitrine montre ainsi deux corps d’enfants rigoureusement identiques (traits du visage et cheveux compris), à une exception près : l’un porte un pantalon et l’on aperçoit son sexe, l’autre une robe et l’on devine qu’il s’agit d’une fille. Est-ce une nouvelle façon de nous convaincre que le féminin et le masculin sont autant une construction artificielle qu’une donnée naturelle ?
Tous différents
Ces quelques réserves ne doivent certes pas décourager le visiteur, qui peut venir avec des enfants pour leur montrer les extraordinaires richesses exposées, faisant intervenir (presque) tous les sens : toucher un squelette de main humaine et de main de singe, sentir des recettes de riz, tel qu’il est cuisiné sur différents continents, écouter des locuteurs de 30 langues parmi les 7 000 recensées à travers le monde… À travers différents objets et squelettes d’animaux, nous pouvons comprendre comment les hommes les ont domestiqués, comment ils ont, depuis l’Antiquité, appris à sélectionner les meilleurs épis pour améliorer les rendements du blé ou du maïs.
À l’issue de la visite, chacun repart en ayant conscience d’être un élément parmi sept milliards d’êtres humains, différents mais si semblables. Et ce n’est pas la dernière partie du musée, montrant l’évolution du monde moderne avec ses aspects anxiogènes (modification du climat, industrialisation à outrance), qui parvient à briser cette impression première. Depuis notre apparition sur la Terre, nous avons toujours réussi à nous adapter ; pour y parvenir maintenant, il faudra que l’homme développe davantage son sens des responsabilités. Mais nous voilà revenus à la politique…

Musée de l’Homme, place du Trocadéro Paris XVIe, tlj sauf mardi de 10h à 18h, le mercredi jusqu’à 21h.

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