Quoi de neuf ? Molière !

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La saillie de Sacha Guitry prend tout son sens alors que Le Misanthrope est joué à Paris. Plus moderne que jamais, que serait Alceste aujourd’hui ? Découvrez sa version 2.0 !

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Publié le 10 avril 2019

Auteur : Laurence Roux-Fouillet

Sur les planches de la Comédie française – LA maison de Molière – Alceste a un imperméable froissé façon Colombo sous acide. Sous les feux du Théâtre Libre, celui interprété par Lambert Wilson porte perruque et habit. Qu’importe ! Les vers de Molière, d’une rectitude au couteau, emportent le spectateur trois heures durant dans des abîmes de réflexion que ne renieraient pas les atrabilaires modernes. Vous pensiez le Misanthrope cantonné à vos années-collège ? Détrompez-vous, il est plus moderne que jamais. Râleur patenté, cynique autant que lucide, intransigeant incompris, que serait Alceste aujourd’hui ? Quels moyens utiliserait sa quête de vérité ? 

Serait-il un troll sur Twitter, prompt à dénoncer les faux-semblants ? Se lancerait-il dans des posts de 140 signes – ou des threads aussi longs que ses tirades – pour défendre sa vision du monde et combattre les flatteurs, les vaniteux et autres hypocrites ?  Alceste tiendrait-il un blog, ou serait-il un lanceur d’alerte – un Edward Snowden moderne condamné à l’isolement ou un Julian Assange apatride – plutôt que de vivre dans un système factice et corrompu qu’il dénonce ?

Et que dire de la fine et perfide Célimène, à la langue aussi bien pendue qu’à l’attaque prompte ? Serait-elle une instagrammeuse reine du selfie ? Tantôt à Ibiza avec Clitandre, tantôt à Miami avec Acaste, le tout ponctué de commentaires acides sur Arsinoé, sa BFF. Alceste passerait-il son temps à stalker la page Facebook de sa belle, pour compter le nombre de likes de ses prétendants – des followers, justifierait-elle ? Célimène verrait-elle son Messenger hacké par des jaloux éconduits, et prompts à répandre ses confidences sur toute la Toile, ruinant par la même sa cyber-réputation ? Harcelée par des haters, elle serait sans doute contrainte de fermer tous ses comptes.
Qui sait si mêmes les vers d’Oronte ne trouveraient pas preneurs, et admirateurs, faisant de lui un mème, et rendant son sonnet viral. #LEspoir se trouvant en tête des trending topics, le JT de 20h, pour ne pas être en reste, viendrait l’interviewer.

Que sont aujourd’hui les réseaux sociaux, si ce n’est le vaste univers du paraître, du laisser-dire et de la critique facile ? Chacun y construit sa légende personnelle, chacun peut y déverser sa haine des autres, à peine caché derrière un pseudo. Ragots, rumeurs, buzz…y font la loi, non pas à la cour, mais toujours par des courtisans prêts à s’enflammer pour une cause, ou à en descendre une autre, à coups de hashtags et de pétitions partagées.
Alceste serait à sa place au XXIème siècle, toujours aussi atrabilaire, désespérément amoureux d’une image, s’exclamant encore et encore :

 J’entre en une humeur noire, en un chagrin profond,
Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font ;
Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie ;

Pour aller plus loin :
– Loïc Corbery est Alceste dans Le Misanthrope mis en scène par Clément Hervieu-Légerà la Comédie Française du 14 juin au 20 juillet.
– Lambert Wilson est Alceste dans Le Misanthrope mis en scène par Peter Stein, au Théâtre Libre, jusqu’au 18 mai.

Note de l’auteur : et loin de la langue de Jean-Baptiste Poquelin, je prie le lecteur de pardonner ces références parfois absconses…

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Comment êtes-vous devenu chef de la chorale des Gospel Kids ? J’ai découvert le gospel à 17 ans, en 2000, en passant un jour devant l’église de Hautepierre, quartier où j’habitais. J’ai entendu Oh happy day qui est chanté dans Sister Act 2, film qui m’avait fortement marqué. À ce moment-là, il est devenu évident pour moi que j’allais rejoindre le groupe. J’ai mis de côté ce que j’aimais pour me consacrer entièrement à la chorale des High Rock Gospel Singers, créée et dirigée par le pasteur Frédéric Setodzo, qui a été super avec moi et m’a encouragé. Je n’avais pas la fibre d’un chanteur mais je crois que, avec de l’énergie, de la volonté et du plaisir, on peut faire beaucoup. En 2003, j’ai commencé à intervenir bénévolement dans des écoles. Je me sentais comme un vrai professeur et j’aimais, déjà à l’époque, beaucoup travailler avec les enfants. À la kermesse de fin d’année, j’ai ressenti l’enthousiasme des enfants et le plaisir des enseignants et des parents. J’ai laissé tomber mon travail dans un garage où je ne me sentais pas à ma place et j’ai fait des petits boulots à côté. C’est avec ma femme Flora, que j’ai rencontrée aux High Rock Gospel Singers, que j’ai créé les Gospel Kids en 2004. Que représente le gospel pour vous ? Au moment où j’ai découvert le gospel, j’ai senti que cela m’apporterait tout ce que j’avais espéré. À travers lui, on chante l’amour, la tolérance, le respect, le partage. J’étais un ado un peu perdu qui se posait des questions sur le sens de la vie et le bonheur. J’ai toujours aimé les chansons à message. Quand j’étais jeune, mes copains baignaient dans le rap et moi je me cachais pour écouter la comédie musicale NotreDame de Paris. Les professeurs ne croyaient pas en moi, on m’a mis dans une section d’enseignement adapté où on est en bleu de travail dans la cour et on n’est pas mélangé avec le reste des élèves. J’ai passé un CAP de mécanicien poids lourds, puis j’ai laissé tomber le BEP en cours. À partir du moment où j’ai commencé à chanter du gospel, des gens ont cru en moi. Quelles valeurs voulez-vous transmettre ? Beaucoup de jeunes ne se rendent pas compte de leur potentiel, dans tous les domaines de la vie. Il n’y a pas d’audition pour intégrer la chorale car je vois la marge de progrès dans les imperfections et je veux que les enfants prennent du plaisir, pas qu’ils soient rabaissés, comme j’ai pu l’être. Je donne beaucoup d’encouragement et veille particulièrement aux plus motivés et qui veulent progresser. Certains sont bluffants ! Que vous apporte votre foi dans ce travail ? J’ai un lien très fort avec l’Église et la prière est importante pour moi. Avec mes parents et mes cinq frères et sœurs, dont je suis l’aîné, nous allions tous les dimanches au culte et j’ai réussi à partager cela avec ma femme et à le transmettre à mes enfants. En 2001, j’ai effectué un voyage avec les High Rock Gospel Singers au Cameroun qui m’a donné une foi incroyable. J’y ai vu des gens qui ne vivaient que par leur foi. C’est là-bas que des personnes m’ont dit que j’avais un don et que le Seigneur m’appelait. J’ai toujours gardé cette voix en moi qui me disait que j’allais réussir quelque chose. Je suis aujourd’hui quelqu’un qui doute peu et qui n’a pas peur. Je pense que Dieu fait bien les choses et qu’on peut renverser les situations lorsque viennent les difficultés, en s’appuyant sur les gens qui vous aident.

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