Raphaël, Étude pour la Dispute du Saint Sacrement : vingt clercs et ecclésiastiques discutant. © RMN-Grand Palais Domaine de Chantilly / Gérard Blot
Exposition

Raphaël exposé à Chantilly

Le domaine de Chantilly rend hommage à Raphaël à l'occasion des 500 ans de sa mort pendant tout le printemps en s’appuyant sur la richesse de ses collections.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 13 mars 2020

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Si vous n’avez pas la possibilité de vous rendre en Italie, où de grandes expositions auront lieu à Urbino sa ville natale, Florence et surtout Rome, c’est à Chantilly qu’ il faut venir pour retrouver une évocation de l’œuvre de Raphaël. Même le Louvre, qui a prêté des tableaux en échange des Vinci reçus l ’an dernier, se trouve momentanément démuni. Cependant, le visiteur a tout à gagner en se rendant au magnifique domaine de Chantilly, qui possède la seconde collection de tableaux en France après le Louvre.

Des trésors à découvrir
Légué à l’Institut de France à la mort de son dernier propriétaire privé et grand collectionneur, le duc d’Aumale, Chantilly est un domaine d’exception fondé par les princes de Condé, qui y ont accumulé des trésors pendant des siècles. De nombreux dessins et trois tableaux de Raphaël font partie de ses trésors, aujourd’hui au centre de l’exposition. On peut admirer Les Trois Grâces et deux Vierges à l’Enfant, très différentes l’une de l’autre. La première, Madone d’Orléans, est plutôt classique, avec un enfant au regard trop sérieux pour son âge, parce que le sujet choisi symbolise
le rachat du péché par le Christ. La seconde, appelée Madone de Lorette, est extraordinaire de simplicité et de naturel. Très loin des statues médiévales où l’Enfant Jésus, à peine né, est représenté assis bien droit et bénissant de sa main levée, celui de Raphaël est couché sur le dos, nu et gigotant sur ses langes, sa mère et Joseph en arrière-plan. Marie remue ses doigts pour attirer son attention et l’amuser, une expression attendrie sur le visage, scène que toute mère a vécue avec son enfant. D’un point de vue théologique, c’est une interprétation originale qui rend la famille autour du Christ plus humaine et moins divine.

La Renaissance avec son souci de revenir aux sources de la foi est bien perceptible ; on n’imaginerait d’ailleurs personne venir prier ce tableau. C’est peut-être l’occasion de se souvenir que les réformateurs (même Calvin) n’ont pas interdit la représentation des images, mais seulement leur culte : à part les auréoles, Raphaël est ici parfaitement « huguenot-compatible » !

Des élèves très inspirés

Autour des trois tableaux, de nombreux dessins, esquisses ou œuvres préparatoires sont exposés, expliquant et permettant de mieux comprendre le processus de création de l’artiste et ses influences, depuis sa formation auprès du Pérugin et de Pinturicchio. Le cabinet de dessins du musée Condé a été complété par des prêts venus du Musée des Beaux-Arts de Lille et couvre l’ensemble de la production de Raphaël, avec un accent particulier sur la période florentine et les grands chefs-d’œuvre romains. Enfin, de nombreux dessins de ses élèves montrent combien son influence n’a pas cessé à sa mort, chaque artiste s’appropriant tel ou tel aspect de son œuvre, comme son ami et disciple Giulio Romano ou Perino del Vaga.

Si vous avez un peu de temps, profitez-en aussi pour parcourir le reste du musée et notamment les pièces restaurées des appartements privés du duc d’Aumale ; sans oublier le magnifique parc et les écuries, parmi les plus belles d’Europe.

Raphaël à Chantilly, le maître et ses élèves, jusqu’au 5 juillet au cabinet d’arts graphiques du château de Chantilly, tlj sauf mardi, de 10h30 à 17h (18h pour le parc).

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