Sean Connery… Adieu Bond !
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Sean Connery… Adieu Bond !

James Bond, mais pas que… L’acteur d’origine écossaise a tiré sa révérence le 31 octobre dernier à 90 ans. Saviez-vous que sa mère était protestante ?

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Publié le 5 novembre 2020

Auteur : Jean-Luc Gadreau

Bien qu’il ait joué dans plus de 60 films, et remporté de nombreuses récompenses et distinctions parmi lesquelles un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle et un Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Incorruptibles, ainsi qu’un British Academy Film Award du meilleur acteur pour Le Nom de la rose en 1988, Sean Connery demeure plus étroitement lié à l’espion britannique aux charme et ressources inépuisables, créé par Ian Fleming, qu’il a interprété sept fois.

Si sa première apparition au cinéma date de 1955, suivi de onze autres, c’est en 1962 avec James Bond 007 contre Dr. No qu’il est propulsé star internationale. Il jouera ensuite le rôle de l’espion coureur de jupons, en costume de soirée, qui boit du martini, dans Bons baisers de Russie (1963), Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), On ne vit que deux fois (1967) et Les diamants sont éternels (1971), puis enfin en 1983 Jamais plus jamais. 

« Connery a toujours été mon Bond préféré, et je mentirais si je disais que je ne ressens pas la pression de me mesurer à lui », a déclaré Pierce Brosnan dans une interview au magazine Cinefantastique en 1995, l’année où il a repris le rôle de Bond. Brosnan, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton et Daniel Craig ont également joué Bond au grand écran, mais aucun d’entre eux n’aura le même succès. Dans un sondage réalisé en 2012 par l’agence de presse NPR, Sean Connery a été élu meilleur interprète de Bond, avec 56 % des voix. Craig est arrivé en deuxième position, avec 28 %.

Mais cantonner Sean Connery a ce rôle serait profondément injuste, tant sa filmographie est impressionnante et diversifiée. Il jouera ainsi pour d’innombrables illustres réalisateurs comme Hitchcock dans Pas de printemps pour Marnie en 1964 et La Colline des hommes perdus en 1965, ou Sidney Lumet avec qui il tournera à cinq reprises dont Le Crime de l’Orient-Express en 1974. On peut aussi évoquer Le Lion et le Vent en 1975 ou, la même année, L’Homme qui voulut être roi. On le retrouvera également dans des films historiques tels que le magnifique Le Nom de la rose, et dans des seconds rôles prestigieux avec Highlander en 1986, Les Incorruptibles en 1987, et Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989. Il se fera plus rare dans les années 1990, mais il s’illustrera dans plusieurs succès comme À la poursuite d’Octobre Rouge en 1990, Rock en 1996 et Haute Voltige en 1999. Dans les années 2000, Sean Connery apparaît dans À la rencontre de Forrester (2001) et La Ligue des gentlemen extraordinaires (2003) puis il décide de prendre sa retraite. Toutefois, il prêtera encore sa voix dans le jeu vidéo James Bond 007 : Bons baisers de Russie, en 2005, et dans un film d’animation, Sir Billi the Vet en 2010.

Thomas Sean Connery naît le 25 août 1930 dans le quartier ouvrier de Fountainbridge, dans l’ouest d’Édimbourg. Sa mère est protestante, membre de l’Église d’Écosse, et son père catholique. Aîné de deux garçons, il quitte l’école à quatorze ans et commence à occuper divers petits emplois, dont celui de maçon, de sauveteur et de vernisseur de cercueils. À 16 ans, il s’engage dans la Royal Navy pendant trois ans avant qu’un ulcère à l’estomac ne l’incite à retourner à la vie civile à Édimbourg. À 19 ans, il pose comme modèle à l’école d’art d’Édimbourg. Le culturisme et une tentative de décrocher le titre de Mr. Univers – il est arrivé troisième – l’ont finalement conduit à une carrière d’acteur, refusant (pour la petite histoire) un contrat de footballeur professionnel avec Manchester United. 

« Sean était magnifique et on a vécu une vie merveilleuse ensemble. C’était un homme modèle. » C’est par ces mots que sa femme (et seconde épouse) Micheline Roquebrune, qui partageait sa vie depuis plus de 45 ans, lui a rendu hommage. Sean Connery souffrait de démence depuis plusieurs mois, a expliqué l’artiste-peintre franco-marocaine. « Ce n’était pas une vie pour lui. Il n’était plus capable de s’exprimer vers la fin. Au moins, il est mort dans son sommeil, et c’était très paisible. J’étais à son chevet tout du long, et il est juste parti. C’était ce qu’il voulait. » 

Mais malgré les propos de son épouse, la mort de l’artiste reste entachée, hélas (les réseaux sociaux sont implacables), par la ressortie d’anciennes déclarations où l’acteur justifiait en 1967, dans une interview au magazine Playboy, la gifle rendue possible à une femme afin de la « recadrer », propos qu’il réitérera en 1987, et qui apparaissent aujourd’hui forcément inacceptables, même si elles sont prononcées par un acteur unanimement admiré. 

Pour terminer, ce départ me permet de repenser avec vous à deux dialogues qui pourront nous donner encore de réfléchir dans le contexte contemporain qui est le nôtre aujourd’hui et dans un lien certain avec la foi, même si Sir Connery ne s’est jamais attardé sur cette question d’un point de vue personnel. La première est tirée du Nom de la Rose où son personnage, Guillaume de Baskerville échange avec Jorge de Burgos :

- Mais qu'y a-t-il de si inquiétant dans le rire ?
- Le rire tue la peur, et sans la peur il n'est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n'y a plus besoin de Dieu.
- Mais vous n'éliminerez pas le rire en éliminant ce livre.
- Non, certes. Le rire restera le divertissement des simples. Mais qu'adviendra-t-il si, à cause de ce livre, l'homme cultivé déclarait tolérable que l'on rie de tout ? Pouvons-nous rire de Dieu ? Le monde retomberait dans le chaos.

Et la seconde sera puisée dans Indiana Jones et la dernière croisade. Sean Connery y joue Henri, le père d’Indiana. On trouve en dans la fin du film des épreuves basées sur des énigmes à résoudre. Les énigmes ont été données par le professeur Jones père et suggèrant une interprétation merveilleuse : 

  1. Le souffle de Dieu : Seul le pénitent pourra le passer.
  2. Le nom de Dieu : Uniquement dans le mot de Dieu devra avancer.
  3. Le saut de Dieu : Uniquement dans le saut depuis la tête du lion pourra-t-il prouver sa valeur.

Et donc, en forme de transmission, au cœur d’une quête personnelle mais aussi qui prend la forme d’une véritable lutte de la lumière contre les ténèbres, il apportera à son fils une solution vitale :

- Seul le pénitent doit le passer, le pénitent doit le passer, le pénitent…
- Le pénitent est humble devant Dieu, le pénitent s’agenouille devant Dieu ! À genoux !

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Cinéma, culture, sport, spiritualité, société… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, auteur, mais aussi attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

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