Théologie of Thrones : le réveil du politico-religieux

Théologie of Thrones : le réveil du politico-religieux

Si vous pensez que « la vérité est ailleurs » que dans le succès planétaire d’une série télé telle que l’ultime saison du Trône de fer (sur la chaîne OCS), cet article de Pop théologie est fait pour vous.

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Publié le 29 avril 2019

Auteur : David Gonzalez

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« Pourquoi je déteste Game of Thrones » : si vous avez aimé le récent et désopilant billet grincheux de la rubrique « Pixel » du Mondeet si vous pensez que « la vérité est ailleurs » que dans le succès planétaire d’une série télé telle que l’ultime saison du Trône de fer (sur la chaîne OCS), cet article de Pop théologie est fait pour vous.

Économisez dès maintenant 72h de temps de vie (sans télé) et 4h de lecture. N’attendez pas la fin du Brexit, lisez la suite : il y est question (brièvement) de la destinée (tu ne sais rien, Jon Snow), du pouvoir (régner par-delà le bien et le mal), de la domination (l’avènement des femmes puissantes), de l’effondrement (l’humanité unie face au changement climatique ?), de la confiance des hommes les uns envers les autres (sans laquelle « la société toute entière se disloquerait », G. Simmel) et du réveil du politico-religieux.

« Ils veulent tous s’approcher du trône : c’est leur folie » (Friedrich Nietzsche)

C’est le dernier hors série de Philosophie Magazine (PM n°41/2019) qui offre les clés de lectures les plus stimulantes (dans l’esprit de la pop philosophie de Jacques Deleuze) pour décrypter cette fiction devenue culte, à partir du synopsis d’une saga d’heroic fantaisy.

Dans l’histoire de ce royaume, dont le trône de fer convoité a été forgé grâce au souffle des dragons disparus, tout est divisé en provinces gouvernées par de grandes familles ayant fait allégeance à un roi. Les Lannister, les Stark, les Tyrell (rien à voir avec la marque de chips), les Baratheon, les Greyjoy, etc. évoluent dans une ambiance médiévale. Leurs traditions sont imaginaires – comme dans l’oeuvre respective de Tolkien et de C.S. Lewis, les fondateurs de ce genre littéraire -, elles se déroulent entièrement sur des îles intrigantes, mais si belles ! Au point que certains voyagistes nous révèlent et soutiennent que Game of Thrones a fait plus pour le tourisme en Écosse et en Croatie (où s’est déroulé le tournage) que des années de publicité. La photographie de la série est sombre, mais ses paysages de cottages, de côtes atlantiques et de glaciers immaculés sont magnifiques.

« Voici l’heure où le lion affamé rugit, où le loup hurle à la lune » (William Shakespeare) Passons brièvement sur les cinquante nuances de noir de l’histoire (Raphaël Enthoven, Sven Ortolli), le sujet de fond est la conquête du pouvoir : « Voyez donc ces superflus ! Ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et tout d’abord le levier de la puissance, beaucoup d’argent, – ces impuissants ! Voyez-les grimper, ces singes agiles ! Ils grimpent les uns sur les autres et se poussent ainsi dans la boue et l’abîme ! Ils veulent tous s’approcher du trône : c’est leur folie, – comme si le bonheur était sur le trône ! Souvent la boue est sur le trône – et souvent aussi le trône est dans la boue. » (F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra).

C’est le paradoxe du « Crépuscule des dieux » : Game of Throne est sombre et apparemment sans appel, mais contient dans « cette impudeur plus de générosité que de cynisme ». Le respect de la règle « héroïque » fait notre bonheur, lorsque le mal est partout et n’épargne personne, y compris dans le domaine de la sexualité, qui occupe une place centrale dans la série. Pour Daenerys, la blonde et séduisante reine et mère des dragons, il s’agit plus d’être aimée, en effet, que crainte. Pour Jon Snow, le héro, il s’agit d’accepter sa faiblesse et de garder toujours assez de courage pour agir et espérer. Puisqu’il a été appelé (dès la première saison) par un Dieu dont il […]

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