Vermeer, divinement lumineux !

Vermeer, divinement lumineux !

Depuis le 22 février et jusqu’au 22 mai 2017, Le Louvre rassemble douze toiles de Vermeer aux côtés d’une soixantaine d’œuvres de ses contemporains hollandais, toutes peintes entre 1650 et 1675.

Un contenu proposé par ArtSpi'in

Publié le 17 mars 2017

Auteur : Jean-Luc Gadreau

Une exposition exceptionnelle qui d’ailleurs enregistre une affluence record depuis son ouverture et oblige le Musée à revoir ses méthodes de réservation. Exceptionnelle car jamais depuis cinquante ans autant de toiles du maître n’avaient été réunies à Paris. Des œuvres fondamentales du peintre hollandais avec, notamment, quelques unes de plus célèbres comme « La dentellière », « La Lettre », « Le Géographe », « L’Astronome », « La joueuse de Luth » ou encore « La Laitière ». Intéressante également par le fait de ne pas les présenter seules mais intégrées avec de nombreuses autres de ses pairs, de ses rivaux, de ses collègues ou autres suiveurs.

Mais intéressons-nous à Vermeer plus particulièrement. Qu’il est frappant dans cette exposition d’observer cette puissance lumineuse que le peintre manifeste, utilise, comme « jouant avec » pour donner à son travail une dimension à la fois humaine et quasi-spirituelle touchant au génie. Bien avant que la photographie ne soit inventée, le maître de Delft développe une « esthétique photographique » et s’inscrit dans une culture du portrait. Pour lui, c’est la réalité illuminée qui l’intéresse. Et pour obtenir cette apparence de vérité, ce peintre a choisi d’effacer sa touche et ainsi d’apporter une netteté, une méticulosité, à l’inverse, par exemple, d’un Rembrandt qui cherche lui à rendre visible le tracé de son pinceau et à créer des effets d’empâtements que l’on ne peut d’ailleurs évidemment pas reproduire dans une photographie.

Une réalité, dans laquelle Vermeer travaille avec intelligence à diriger notre regard. « Tout est construit, pensé, composé », constatait Jan Blanc, professeur et spécialiste de l’art flamand et hollandais du XVIIe siècle. Généralement, choisissant des décors minimalistes, chaque objet dispose alors d’une place particulière. Vermeer fait poser ses modèles en fonction d’une construction bien pensée, à la manière d’un photographe.

Faire un parallèle avec la photographie dans l’œuvre de Vermeer tient évidemment aussi à cette puissance lumineuse que j’évoquais précédemment. Surnommé à juste titre le « maître de la lumière hollandaise », il est un artiste qui peint « avec » la lumière. Et la encore, cette utilisation lui permet de conduire notre façon de regarder ses toiles. L’angle de vue choisi, en quelque sorte, est induit par l’artiste lui-même. Un célèbre photographe observait à ce propos que « Vermeer applique des points lumineux qui lui permettent de focaliser l’attention du spectateur sur un endroit précis du tableau. La fenêtre (source de lumière qui provient toujours de la gauche) par exemple lui permet de rythmer l’espace et d’unifier la composition de son œuvre. »

Dans cette maîtrise absolue de la lumière se révèlent non seulement le visible mais surtout également l’invisible. L’essentiel n’est-il pas précisément invisible à nos yeux. Et bien avant St Exupéry, Vermeer le manifeste au lieu de l’écrire. Cet art de révéler la vie secrète, cachée dans les petites choses, et que sa lumière vient révéler à ceux qui ont des yeux, mais aussi du cœur et de la patience pour y parvenir. Car ses œuvres nous invitent au recueillement, à arrêter le temps pour admirer et se laisser toucher.

Oui, je le crois… tant métaphoriquement que bien concrètement : Il y a du divin chez Vermeer !

Tel un astre magnétique, la peinture de Vermeer happe le visiteur par sa lumière irradiante, ses sujets concentrés et ce temps merveilleusement suspendu qui métamorphose la banalité d’un intérieur en thébaïde méditative.

Découvrez d’autres contenus sur le blog ArtSpi’in

Dans la même rubrique...

Le Réveil dans les Cévennes du Nord

A partir des années 1820, des pasteurs méthodistes, appuyés par leur organisation missionnaire britanniques de tutelle, s’installent en Cévennes et évangélisent Anduze, Alès et Lassalle.

Un contenu proposé par Éditions Ampelos

Le défi de la non-puissance

Les réflexions lumineuses de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau sur l'écologie.

Un contenu proposé par Éditions Olivétan

Hommage unanime à Chadwick Boseman

Samedi 29 août, le monde apprenait la mort de l’acteur américain Chadwick Boseman, rendu célèbre par son interprétation du roi T'Challa dans le film "Black Panther".

Un contenu proposé par Évangeliques.info

21 août 1725. Greuze et la Bible

La lecture de la Bible est par ailleurs un thème cher à Greuze que la spécialiste Edgar Munhall explique volontiers par « l’esprit protestant » qui habite, selon lui de nombreuses œuvres de l’artiste.

Un contenu proposé par Un jour dans l’histoire

UN CONTENU PROPOSÉ PAR

ArtSpi’in

Cinéma, culture, sport, spiritualité, société… Autant de sujets de prédilection du blog de Jean-Luc Gadreau, ArtSpi’in. Jean-Luc Gadreau est pasteur, auteur, mais aussi attaché de presse du Jury œcuménique au Festival de Cannes.

Derniers contenus du partenaire

bannière podcast