Au début de cette année, je m’étais amusée à faire la liste des choses qui me font du bien, et que j’avais tout simplement envie de vivre en 2020. Quelle ironie ! Plus de la moitié sont devenues interdites ou assorties d’une foule de contraintes qui en gâchent franchement la pratique. Boire un verre en terrasse dans le froid, en nombre réduit, à distance et en remettant son masque entre chaque gorgée n’a vraiment rien de très agréable. On en est même à s’interroger : retrouverons-nous ces petits (ou grands) plaisirs – et la légèreté qui va avec – un jour ? Parfois, je me demande s’il n’y a pas un petit génie qui s’amuse à jouer avec mes nerfs… Deux mois de confinement, cinq mois de « nouveau monde », ça commence à être long, surtout lorsqu’on voit réduire comme peau de chagrin nos possibilités d’évasion. On laisse de côté la plupart des voyages, les fêtes, les sorties et toute la spontanéité et la joie qui vont avec. On a beau ne pas céder au complotisme, à part aller travailler, qu’est-ce qu’on a encore le droit de faire ?

Et pourtant, il nous reste un impératif : tenir le coup, ne rien lâcher, veiller sur notre santé physique, sans oublier notre santé mentale. Car notre équilibre psychologique mais aussi émotionnel est particulièrement mis à mal en ce moment.

Maintenir le contact avec les autres, entretenir nos liens sociaux (au bureau, avec nos proches, nos amis…), s’évader dans la lecture ou la fiction télévisée sont des possibilités encore relativement faciles d’accès. Mais si vous avez peur de tourner en rond, et souhaitez ouvrir le champ des possibles, il reste l’art.
Je ne parle pas seulement des pratiques artistiques qui participent à notre bien-être (et que je vous ai déjà proposé de découvrir sur le blog et à la radio avec l’art-thérapie). Non, je parle aussi de l’art à contempler, à observer, à déguster, à vivre…

Se planter devant un tableau, détailler longuement une sculpture, être ébloui par une palette de couleurs, admirer un drapé ou une étoffe – ou être ému par une sonate qui nous enveloppe le cœur, ou transporté par un chant qui traverse l’espace… voilà, quelques-unes de ces expériences que l’art promet.  Au-delà de l’aspect intellectuel (comprendre l’œuvre ou partager l’émotion de l’artiste), l’art agit puissamment en nous, dans une expérience sensorielle aussi fulgurante que complexe. Un instantané de présent. Et dont les bénéfices sont nombreux.

Les neurosciences confirment que la contemplation d’une œuvre d’art stimule la production de dopamine dans notre cerveau – l’hormone du plaisir. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même produit fin 2019 un rapport tout à fait sérieux sur le rapport entre l’art et la santé physique et mentale. Les preuves ne sont, finalement, pas nécessaires, car en faire l’expérience va bien au-delà : le temps est comme suspendu et c’est un silence et une paix intérieurs qui s’installent, parfois durablement. L’art panse et répare aussi.

Il est bien évidemment facile de contempler tableaux et collections sur internet, ou à travers un livre. Aisé d’écouter un concert en ligne, ou de regarder la rediffusion d’un opéra. Mais aussi beaux que soient ces reproductions ou enregistrements, rien ne remplace le contact direct, physique, presque charnel avec la matière artistique et les artistes.

Allez dans des musées, visitez des expositions, fréquentez des galeries, participez à des happenings, assistez à des concerts, à des pièces de théâtre !… C’est urgent ! Et si le secteur culturel est durement touché en ce moment par la crise sanitaire, ne le laissons pas mourir, au risque d’y perdre notre âme.
Plus que jamais, accordons-nous ce moment : laissons l’art infuser en nous, faire son œuvre, nous bouleverser, voire nous transformer.

Ma sélection (toute personnelle) des expositions que j’ai envie de voir :