Centrafrique : comment écouter et accompagner les victimes ?

Psychologue de formation et expert de la dimension post-traumatique, Yann Jurgensen a été sollicité par le Défap pour professionnaliser une cellule d’écoute de victimes à Bangui. Retour sur une expérience qui l'a profondément marqué.

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Publié le 10 janvier 2017

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En quoi consistait votre mission en Centrafrique ?

Après avoir été contacté par le Défap, je suis parti à deux reprises : en mars et décembre 2016. Le premier séjour avait pour objectif d’observer le fonctionnement actuel de cette cellule d’écoute et la mise à disposition de nouveaux outils. Mon second déplacement avait pour but la professionnalisation des pratiques, au moyen de suivi et de supervision.

A l’origine, la cellule d’écoute a été mise en place par des femmes africaines en 2013. Je suis venu pour partager mes expériences et apporter des outils théoriques et des méthodes, en vue de professionnaliser la cellule et son équipe de permanents, avec beaucoup de modestie et de précautions. Sur place, j’ai fait dans un premier temps du suivi individuel des victimes et dans un second temps de l’accompagnement des écoutants. Cette dizaine de personnes, empreintes de bonne volonté et d’empathie, sont elles-mêmes des victimes traumatisées par les évènements.

L’objectif de cette structure est l’écoute et l’accompagnement des victimes des exactions. Ce sont essentiellement des femmes et des enfants, à 90 %. Le traumatisme des femmes est direct (par les viols et les exactions). Celui des enfants est indirect (ils ont été spectateurs des évènements). Quel que soit le cas de figure, ces personnes ont besoin d’être écoutées et accompagnées. La dimension interculturelle est essentielle pour comprendre et améliorer le fonctionnement de cette cellule et apporter des méthodes qui soient spécifiques et qui répondent à la fois aux besoins, aux attentes et aux référentiels des Africains. […]

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