Birmanie
Justice

Birmanie : première condamnation pour Aung San Suu Kyi

En Birmanie, l’ancienne cheffe du gouvernement civil démocratiquement élue a été condamnée, lundi 6 décembre, à deux ans de prison, en attendant l’issue des nombreuses autres accusations dont elle fait l’objet.

Un contenu proposé par Le blog de Camille Verdi

Publié le 8 décembre 2021

Auteur : Camille Verdi

Elle avait été arrêtée le 1er février dernier, jours du coup d’État de l’armée birmane orchestré par le général Min Aung Hlaing. Lundi 6 décembre, la cour pénale de Naypyidaw, la capitale du pays, l’a condamnée à quatre ans de prison. Un peu plus tard dans la journée, sa peine a été réduite à deux ans, écrit Le Monde. Elle est notamment accusée d’“incitation au soulèvement” et de violation des règles relatives aux rassemblements en temps de pandémie de Covid-19. Au total, rappelle le quotidien, douze accusations (corruption, fraude électorale, possession illégale de talkies-walkies) pèsent sur la Dame de Rangoon. 

Proche de la Prix Nobel de la paix (1991), l’ex-président Win Myint a été condamné à une peine similaire, a indiqué Zaw Min Tun, un porte-parole de la junte. Tous deux ne seront apparemment pas conduits en prison. “Ils devront faire face à d’autres accusations depuis les lieux où ils séjournent actuellement” à Naypyidaw, a-t-il ajouté. Âgée de 76 ans, Aung San Suu Kyi, fille du héros de l’indépendance du pays, est assignée à résidence depuis que l’armée l’a renversée et a mis un terme au moment démocratique birman.

Un camion de l’armée fonçant sur des manifestants

En Birmanie, elle est toujours aussi populaire. “Je me sens furieuse et déçue. Mais je sais ce dont les militaires sont capables, donc ce n’est pas surprenant. Comme Aung San Suu Kyi l’a dit à l’une de ses audiences, tout cela est absurde”, témoigne une jeune Birmane auprès de RFI. “Nous savons que les crimes ne sont pas réels, que les accusations ne sont pas réelles. Mais nous nous sentons impuissants, incapables de les arrêter : nous ne pouvons pas intervenir.”

“Ils ont réduit la sentence comme un geste de générosité ou un acte de réconciliation nationale. Elle est accusée de beaucoup de choses, corruption, fraude électorale, violation de la loi sur les catastrophes naturelles ou sur la communication, beaucoup de choses. Les prochaines charges suivront les mêmes étapes. Donc on verra”, s’indigne une autre Birmane au micro de RFI. 

Malgré les arrestations et la répression, les Birmans continuent de battre le pavé pour faire face à la violence des militaires. Dimanche 5 décembre, un camion de l’armée a foncé sur des manifestants qui appelaient à la libération de leur dirigeante élue. Bilan : trois morts. Depuis la reprise en main du pouvoir par l’armée birmane, plus de 1300 personnes ont été tuées et plus de 10 000 arrêtées, selon les ONG. 

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