À partir du début de ce siècle, on a observé une inversion de tendance : le nombre de personnes croyant en une vie meilleure pour leurs enfants a commencé à baisser. 

En Occident, nous avons atteint un niveau de richesse, de santé et de sécurité qui ferait rêver nos ancêtres ; et pourtant subsiste un haut niveau d’insatisfaction, de dépression, de toxicomanie et de solitude. À cela s’ajoutent la menace du changement climatique, le spectre du terrorisme international et le retour de la guerre aux portes de l’Europe. La résultante de toutes ces données est une perte de confiance sociale qui mine toutes les institutions et qui, ces jours-ci, se manifeste dans l’attraction des votes populistes. 

Le problème de l’anxiété et de la désespérance qui minent nos contemporains est que celles-ci ne servent à rien. Si elles permettaient de résoudre les problèmes, on serait dans une balance avantages/inconvénients, mais elles ne font que pourrir la vie. 

Face à toutes ces peurs, la Bible pose l’espérance. L’espérance n’est pas l’espoir que les choses se passent bien – ce n’est pas l’espérance du joueur de roulette pendant que la bille tourne – mais l’assurance qu’il y aura en toute circonstance des combats pour la justice à mener, des actes de solidarité à poser et des arbres à planter. 

Face aux incertitudes de l’avenir, la juste réponse n’est pas de se laisser paralyser par l’angoisse, mais de se lever et d’agir pour éviter que le pire advienne.

Antoine Nouis, théologien, pour L’œil de Réforme