Encore une triste nouvelle. On apprend le décès de Janine Philibert dans sa 105e année, survenu le 8 octobre à Paris. On l’avait rencontrée en 2020 alors qu’elle vivait encore chez elle. Elle m’avait gentiment invitée à prendre le thé un après-midi avec l’une d’entre elle, Gabrielle Cadier-Rey. Un stratagème pour arriver à la rencontrer de manière informelle, car elle refusait d’avoir son portrait dans Réforme, et avait même décliné aussi l’idée d’une fête à la Fédération protestante de France. Finalement, nous avions réussi avec son fils Nicolas à la convaincre de nous laisser faire…

Une centenaire énergique

Et elle en avait des choses à raconter. Et quelle énergie elle avait encore du haut de ses 100 ans ! Même si parfois, elle se perdait dans les dates, nous avions parlé de la manifestation de la Cimade en faveur des étrangers sans papiers qui devait avoir lieu quelques jours après notre rencontre. La défense des étrangers était un des combats de sa vie et la Cimade, une association à qui elle vouait une très grande fidélité. Ancienne équipière Cimade pendant la Seconde guerre mondiale elle avait longtemps côtoyé Madeleine Barot et Suzanne de Dietrich.

Nous avions aussi parlé de son amour pour les livres et de son travail pour le Centre protestant d’études et de documentation (CPED) et la revue Libre Sens, avec l’historienne Gabrielle Cadier-Rey, qui avait repris après elle. Nous avions aussi évoqué son passé de militante féministe et des repas animés avec sa belle-soeur Simone Veil, épouse de son frère Antoine.

Née en 1920, Janine Veil était née dans une famille juive peu pratiquante, à Blâmont en Meurthe-et-Moselle. Aînée d’une fratrie qui compte aussi […]