fêtes religieuses et spirituelles

La Pentecôte prend du sens avec Shavou’ot

Cette année, la Pentecôte et la fête de Shavou’ot tombent le 5 juin, cinquante jours après Pâques et Pessah. Cette conjonction est source d’enseignement et peut donner aux célébrations de la Pentecôte une saveur particulière.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 5 juin 2022

Auteur : David Steinwell

Située cinquante jours après Pessah qui rappelle la sortie d’Égypte du peuple hébreu, Shavou’ot exprime deux événements majeurs dans la vie spirituelle. Cette fête est d’abord celle des prémisses, la première partie de la récolte que l’on redonne à Dieu. Elle est aussi selon la tradition rabbinique ce qui commémore le don de la Torah à Moïse au mont Sinaï.

Les prémisses et la loi

Ces deux dimensions de Shavou’ot ne sont pas directement visibles dans la Pentecôte chrétienne, qui évoque le don de l’Esprit saint et la présence de Dieu sous la forme de langues de feu qui se sont posées au-dessus des disciples. Pourtant, des parallèles peuvent irriguer les pratiques chrétiennes et élargir le sens de la Pentecôte.

La nécessité d’accueillir la Torah, parole et loi de Dieu pour le monde, rappelle par exemple que l’être humain ne se suffit pas à lui-même mais est relié à son Dieu, qui veille sur lui et l’accompagne en lui donnant une direction de vie. C’est l’une des significations de ces langues de feu qui se placent au-dessus des disciples et du don de l’Esprit saint. On considère habituellement que la Pentecôte représente le point de départ de l’envoi en mission des disciples, là où commence la vie de chacun dans le monde avec son Dieu.

L’Homme n’est pas Dieu

Une autre particularité du don de la Loi à Moïse est l’équilibre qui existe entre les premiers commandements centrés sur le rapport entre l’être humain et Dieu, et les derniers régissant la relation entre humains. De ce don d’une loi extérieure à l’Homme, on peut déduire d’une part que l’être humain n’est pas Dieu et d’autre part que sa vie doit être un équilibre entre la vie spirituelle et la vie sociale.

Une pensée similaire est véhiculée par la fête de la Pentecôte, si l’on considère que les langues de feu restent extérieures aux disciples comme les premiers mots de la Genèse rappelaient que le « souffle de Dieu planait à la surface des eaux ». Dieu ne descend pas dans l’humain et celui-ci n’est donc pas divinisé ni ne peut prétendre détenir une parcelle de divin en lui.

Pour ce qui est de l’équilibre entre la dimension spirituelle et la vie sociale, le texte biblique de la Pentecôte (Actes 2) est marqué par le double mouvement, des langues de feu et du souffle de l’Esprit sur chaque disciple pour le pousser à partir et témoigner.

Caïn et Abel précurseurs de l’action de l’Esprit

La fête de Shavou’ot célèbre aussi les prémisses des récoltes, symboliquement cinquante jours après la sortie d’Égypte sous la protection de Dieu. Cette réflexion sur les prémisses s’inspire en grande part de l’histoire de Caïn et Abel. La préférence de Dieu a été vers Abel alors que rien ne les différenciait vraiment si ce n’est le métier. Mais la Bible signale qu’Abel a donné le premier-né de son troupeau, là où Caïn donnait à Dieu une partie de ses récoltes. Outre le fait que lui redonner une part de la récolte est une manière de remercier Dieu, ce sont les prémisses qui sont importantes. C’est-à-dire la première part de cette récolte ou le premier-né du troupeau. Cette « première part » marque la primauté de Dieu dans la vie et donc le fait que le spirituel doit rester au premier rang de toute action humaine.

Cela met l’accent, pour ce qui concerne la Pentecôte, sur la succession chronologique des langues de feu puis de la venue de l’Esprit. Ce qui fonde l’Humain est spirituel et premier. Ce qui le pousse en avant en est une conséquence. L’occasion donnée par la simultanéité des deux fêtes peut ainsi nourrir la pratique et le message des Églises.

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