La naissance du mouvement

En 1729, à l’université d’Oxford, un groupe d’étudiants se réunissait pour organiser leurs études et leurs vies selon des règles précises : lever très tôt, temps de prière, visites aux malades et aux pauvres, temps de lecture de la Bible en commun. Cette façon, apparemment méthodique, de se comporter et d’agir, contrastant avec les mœurs plutôt relâchées de l’époque, a été rapidement raillée par les autres étudiants d’où le sur-nom de « méthodiste ». Un des étudiants, John Wesley, avec son frère Charles, va le récupérer au bénéfice du mouvement qui est en train de naître sous sa conduite. Etienne Rudolph poursuit : « Pasteurs et prédicateurs anglicans, dont John Wesley, parcourent l’Angleterre en prêchant l’Évangile. Ce mouvement s’organise, grâce à lui. L’étude de la Bible, le partage fraternel, la proclamation de la Parole se structurent peu à peu en culte, en formation de prédicateurs laïques, responsables de groupes, pasteurs. Le mouvement au sein de l’Église d’Angleterre devient ainsi une Église indépendante ». De même, aux États-Unis, après l’indépendance, la rupture avec l’Église anglicane se produit et le mouvement méthodiste se structure en Église.

Caractéristiques du méthodisme

« Monsieur le pasteur, qu’est-ce qu’un surintendant ? » Etienne Rudolph explique : « C’est l’équivalent de l’Inspecteur ecclésiastique chez les luthériens ». Et beaucoup de points importants du méthodisme, au niveau de son organisation, sont communs aux Églises protestantes traditionnelles : prise de décisions communes par la conférence annuelle, interdépendance des Églises locales (c’est la connexionnalité méthodiste permettant entre autres un soutien financier commun et des changements pastoraux réguliers) ; au plan théologique et biblique : affirmation de la grâce offerte par Dieu à tous sans distinction, Dieu trinitaire, Créateur, Sauveur, Consolateur, autorité souveraine des Écritures. L’Église méthodiste est une Église de professants (une profession de foi est exprimée à l’âge adulte, il s’agit d’un © EEM Strasbourgchoix individuel), contrairement aux Églises traditionnelles de la Réforme qui sont multitudinistes (c’est-à-dire qui n’exigent pas que l’on soit pratiquant, qui ne font pas de tri entre « vrais croyants » et les autres).

En France et dans le monde

Le méthodisme est introduit en France depuis l’Angleterre d’abord en Normandie puis dans le sud à la fin du 18e siècle. Un deuxième foyer d’évangélisation est créé un peu plus tard à Strasbourg et en Alsace-Moselle par des pionniers allemands revenus des États-Unis. L’Union de l’Église évangélique méthodiste (UEEM) existe depuis la fin du 19e siècle. En 2006, les quelques Églises méthodistes issues du travail d’évangélisation de Grande-Bretagne rejoignent l’UEEM : c’est l’UEEMF. Elle fait partie de l’Église méthodiste unie au niveau mondial. Marc Berger préside le comité directeur pour la France. L’UEEMF fait partie du district francophone, regroupant les communautés et œuvres de France, de Suisse romande, de Belgique et d’Afrique du Nord. En France on compte 20 Églises locales (dont 4 à Paris), 15 pasteurs, 1500 membres et amis. L’UEEMF est, depuis 2014, membre de la Fédération protestante de France.