« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mt 25.13).

Chaque mois de janvier, nous échangeons des vœux, comme pour conjurer l’inquiétude qui gagne : guerres, violences, tensions sociales, inflation qui grignote les budgets, montée des extrêmes… Nous sentons bien que quelque chose se dérègle, mais nous préférons souvent continuer comme avant, en espérant que « ça passera ». 

Dans ce climat, la parole de Jésus sur la fin pourrait n’être qu’une peur de plus. « Deux seront aux champs, l’un sera pris, l’autre laissé… » Pourquoi cet enfant malade et pas le mien ? Pourquoi ce pays en guerre et pas cet autre ? Nous aimerions percer le secret de Dieu, comprendre le plan, les raisons, la logique. Jésus ferme cette curiosité : « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne les connaît… mais le Père seul. » La date nous échappe, mais pas la manière de vivre le temps présent. 

« Veillez », dit Jésus. Veiller, ce n’est pas calculer l’heure de la catastrophe, c’est traverser la nuit autrement. 

D’abord, ne pas s’endormir. L’époque pousse à la lassitude, au « à quoi bon ». Veiller, c’est refuser la résignation, garder vive la capacité de prier, d’espérer, d’agir. La foi n’est pas un anesthésiant, elle est un réveil. 

Ensuite, surveiller. Veiller, c’est exercer une vigilance lucide : sur nos paroles, sur les discours de haine ou de complot qui circulent, sur les décisions politiques ou économiques qui sacrifient les plus […]