Voici la révolution évangélique scrutée de fond en comble. Dans Le Nouveau Pouvoir évangélique, somme brillante et extrêmement documentée parue cette semaine chez Grasset, l’historien et sociologue Sébastien Fath analyse d’une plume alerte les caractéristiques de l’évangélisme. Il donne à comprendre les fondements de la foi évangélique et en évalue, chiffres à l’appui, le poids dans le monde comme en France, où il est désormais la composante majoritaire du protestantisme. De quoi dépasser les clichés – sans pour autant occulter les zones d’ombre – sur « ce protestantisme militant » qui modifie en profondeur notre paysage confessionnel.
Et Réforme dans tout cela ? Souvenons-nous de trois épisodes récents. Au printemps dernier, dans le cadre de notre série « Réforme dans l’Histoire », l’historien de l’Église Alexandre Antoine analysait avec quelque malice la façon plutôt « méfiante » dont le journal avait évoqué les tournées en France du télévangéliste américain Billy Graham au milieu des années 1950.
Ouvrir un dialogue fécond
À l’été, le pasteur Christophe Cousinié, secrétaire général de l’Union protestante progressiste et libérale, posait la question : « L’unité entre luthéro-réformés et évangéliques est-elle encore possible ? », constatant que « les positions s’opposent frontalement » sur des sujets comme la fin de vie, l’avortement, la bénédiction des couples de même sexe ou le […]
