Ici, en Alsace-Moselle, le Vendredi saint est un jour férié depuis le Concordat de 1801. Lorsqu’en 1905 la France a adopté la loi de séparation des Églises et de l’État, notre région était allemande. Quand nos territoires sont redevenus français en 1918, le régime concordataire a été maintenu sous l’appellation de droit local d’Alsace-Moselle. Que nous ayons l’occasion de nous rendre au culte ce jour-là ou non, que signifie pour nous le Vendredi saint ?
Il nous rappelle la crucifixion de Jésus à Golgotha. Par amour, Jésus a donné sa vie pour nous et a pris sur lui le péché de l’humanité, nous offrant le pardon et nous permettant de rétablir la relation avec Dieu.
On peut s’interroger sur ce que représente aujourd’hui le mot « péché ». C’est un terme que nous n’entendons plus très souvent, même dans nos églises. Peut-être durant trop longtemps servait-il essentiellement à culpabiliser et à condamner les personnes ayant failli sur le plan moral. De nos jours, la perception du péché est différente. Nous sommes plutôt dans la relativisation soumise à l’injonction de ne pas juger.
Si la notion de péché se relativise voire s’efface, Jésus serait-il mort pour rien ? Que veut dire pour les chrétiens d’aujourd’hui « Christ est mort pour nos péchés » ? Lesquels ?
La définition communément admise est l’éloignement de ce qui est juste et bon, favorisant une désorientation intérieure, une situation de confusion et finalement une rupture avec Dieu. La question du péché ne trouvera bien entendu pas de réponse dans ces quelques lignes, juste quelques réflexions et interrogations.
Après le Vendredi saint, jour des souffrances et du trépas de Jésus, Pâques célèbre la victoire de la vie sur la mort. Alors, très belles fêtes de Pâques ! Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité !
Fabienne Rubach, enseignante, pour « L’œil de Réforme »
