SOLIDARITÉ

Au chevet des réfugiés

Partout en France, des paroissiens se mobilisent pour accompagner les réfugiés dans leur intégration. À Paris, un groupe se focalise sur l’hébergement.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 14 décembre 2021

Auteur : Florent Pommier

Philippe, Marie, Marie-Odile, Geneviève ou encore Hervé, Claire-Marie et plein d’autres… En 2016, ils ne peuvent plus supporter de rester les bras croisés devant les images atroces de migrants se noyant en Méditerranée. C’est un déclic pour ces catholiques et protestants du 14e arrondissement de Paris. L’année suivante, ils se retroussent les manches dans un même élan œcuménique et en appellent à la solidarité de leurs paroissiens, en insistant bien sur « la régularité des dons pour construire un projet durable ».

Les hébergements

Les dons vont servir en priorité à abonder le paiement du loyer de deux appartements. Deux familles sont sélectionnées avec l’appui de l’association Solidarités nouvelles pour le logement (SNL), spécialisée dans l’hébergement social et le suivi de personnes en grande précarité. Abeba, originaire d’Érythrée, est hébergée en octobre 2017 avec ses deux enfants. De son côté, un jeune couple d’Afghans emménage avec leur petite de 9 mois. Le parcours d’intégration débute. Les mères suivent principalement des cours de français. Le père afghan est embauché dans la restauration fin 2019. Depuis septembre 2021, soit quatre ans après, Abeba, Naeb et Yordanos sont passés à une étape suivante : un appartement plus pérenne, toujours dans le parc social (340 € à sa charge, sur 614 € de loyer). Ils ont emménagé à Fontenay-sous-Bois dans un appartement d’une copropriété à but social, entièrement réhabilitée par SNL. Yordanos et Naeb sont ravis du jardin et d’avoir chacun leur chambre. Ils parlent maintenant le français – et toujours le tigrinya avec leur mère. L’accompagnement se poursuit via le groupe du 14e arrondissement de Paris et SNL Val-de-Marne.

Le parcours d’une famille

Abeba est un peu nostalgique de son pays, mais elle l’a quitté pour de bonnes raisons : la vie y était devenue trop difficile au niveau sécuritaire et économique. « Mon mari, parti le premier en 2013, a travaillé en Italie pour nous envoyer de l’argent », nous raconte-t-elle. « En 2015, nous avons commencé le voyage pour le rejoindre ». Un périple de1 000 kilomètres parcourus à pied entre Asmara, la capitale érythréenne, et Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Un enfant sur le dos et l’autre à ses côtés. La famille obtient le passeport éthiopien au bout d’un an. Cette pièce d’identité en poche, Abeba décolle avec ses enfants pour retrouver son mari en Italie. La famille au complet prend un train pour Paris.

Abeba loge huit mois dans un centre de demandeurs d ’asile pour femmes et enfants dans le Val-de-Marne. Les enfants entrent à l’école pour la première fois. Le groupe de chrétiens du 14e et SNL Paris prennent ensuite le relais.

Le récent emménagement à Fontenay-sous-Bois n’est pas la fin de l’histoire. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Abeba est séparée de son mari, mais celui-ci vient rendre visite à la famille de temps en temps. Le principal défi d’Abeba est d’entrer dans un parcours de formation pour s’insérer par le travail. Fervente catholique, Abeba va régulièrement prier à l’église Ste-Marguerite. Elle cherche à faire entrer ses enfants aux scouts mais elle n’a pas de voiture et les activités n’ont pas lieu à Fontenay.

L’inauguration officielle de la copropriété sociale a été un test d’accueil. C’était mal engagé : sur la banderole festive, une personne a gribouillé « Pas de mixité ici ». Heureusement, le jour J, « beaucoup de voisins sont finalement venus dire bonjour et rendre visite », tempère doucement Abeba. Elle a fixé au mur du salon deux grappes de ballons de baudruche gonflés pour l’occasion.

Dans la grande maison, une grande pièce à moitié en sous-sol a été aménagée. Elle est pour l’instant vide. « On veut la faire vivre à travers des projets culturels et sociaux montés par des habitants du quartier », insiste Sophie, bénévole SNL 94. « On va y arriver ! » Comme toujours, l’important est d’y mettre sa foi.

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