Inter-Religio, un projet universitaire européen

Inter-Religio, un projet universitaire européen

Dès janvier 2018, à Strasbourg, Bâle et Heidelberg, il sera possible de se lancer dans la préparation d’un diplôme universitaire « Connaissances et pratiques de l’interreligieux ».

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 28 novembre 2017

Auteur : Caroline Lehmann

Totalement inédit, ce réseau interuniversitaire transfrontalier a été créé pour répondre aux défis que pose la cohabitation religieuse dans nos sociétés.

Des offres de formation en sciences et droits des religions existent en France et ailleurs. Mais le réseau Inter-Religio est complètement novateur. Porté par l’Alsacien Francis Messner, expert de renom en droit des religions (CNRS/Unistra), il rassemble 26 universitaires français, allemands et suisses, rattachés à cinq universités et un établissement d’enseignement supérieur privé, tous basés dans le territoire du Rhin supérieur (voir encadré). Ses objectifs : offrir une assise académique au dialogue interreligieux, dégager les éléments communs pour favoriser un rapprochement effectif entre les religions, permettre une meilleure intégration des groupes religieux dans la société. Pour cela, Inter-Religio se donne principalement cinq axes de travail : la formation, la recherche, l’organisation de colloques internationaux, la publication scientifique et la communication publique de ses travaux. Le tout sera à terme coordonné par un institut de l’interreligieux, garant de la qualité scientifique et de la pertinence du projet, et par trois groupes de recherches européens. Avec un budget prévisionnel de 1,8 million d’euros, Inter-Religio intègre des financements provenant de l’Union européenne (via le Fonds européen de développement régional), des universités-partenaires ainsi que des cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne.

Un diplôme universitaire… et bientôt un master

Formation courte sur un an, le DU coordonné par Inter-Religio et intitulé « Connaissances et pratiques de l’interreligieux » verra très prochainement le jour(*). Il s’adresse aux professionnels et bénévoles de l’interreligieux ainsi qu’à toute personne intéressée, de niveau baccalauréat ou équivalent. 140 heures de cours seront dispensées en français et en allemand par les enseignants des différents sites, et des séminaires rassembleront tous les étudiants au moins une fois par an. Au programme, en plus de la méthodologie universitaire, la connaissance comparée et critique des religions (judaïsme, christianisme, islam et bouddhisme), ainsi qu’une approche des pratiques et des fondements de l’interreligieux. Est attendue, pour valider le diplôme, la rédaction d’un dossier de synthèse. Il faut aussi noter que l’enseignement à distance n’est pas prévu.

L’offre de formation sera en principe complétée par la création, dès 2019, d’un Master européen « Interreligieux et société ». Destiné aux titulaires d’une formation en théologie, science et histoire des religions, lettres ou études politiques, il permettra notamment l’acquisition de connaissances sur les politiques publiques et les institutions interconfessionnelles.

Bien qu’il n’existe pour l’heure pas de « métier de l’interreligieux » en tant que tel, les acteurs d’Inter-Religio y voient une réponse aux radicalismes religieux et politiques et forment le vœu que cette initiative contribue à relever le défi de l’interreligieux au niveau européen.

(*) À partir de janvier 2018, inscriptions à Strasbourg via la Faculté de théologie catholique, 03 68 85 68 23.
Frais d’inscription : environ 300 euros.
Pour en savoir plus : www.interreligio.unistra.fr

Les six établissements partenaires d’Inter-Religio

  • en France : Université de Strasbourg (facultés de théologie catholique et protestante, Unité mixte de Recherche Droit, Religion, Entreprise et Société)
  • en Allemagne : Université de Heidelberg (faculté de théologie protestante), Université de Tübingen (institut de théologie islamique), Université de Fribourg-en-Brisgau, Institut d’Études juives de Heidelberg
  • en Suisse : Université de Bâle (faculté de théologie protestante)

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En France, l’heure légale d’hiver est l’heure méridienne de Berlin imposée par le IIIe Reich lors de l’armistice de 1940. Par rapport au soleil, nous sommes en avance d’une heure (GMT*+1). En horaire d’été, nous sommes en avance de deux heures par rapport au zénith (GMT+2), moment où le soleil est au plus haut dans le ciel et le plus chaud, repère du milieu de la journée depuis que l’homme compte le temps. Actuellement, en France, à midi nous avons la lumière et la chaleur de 10 heures. Ceci n’avance en rien les travaux en extérieur : pour les moissons, il faut attendre la montée de l’astre pour que l’humidité nocturne s’évapore, à minuit beaucoup moissonnent encore… Ainsi, après une pause de « midi », on fait reprendre le travail sur les chantiers pour une période de travail entre 14h et 16h, moment le plus chaud de la journée d’où une pénibilité accrue pour les travailleurs. De tels choix ont été argumentés sur des critères d’économie d’énergie jamais démontrée. Une vieille lune déjà évoquée en 1794 par Benjamin Franklin qui se posait la question de savoir si, en se levant une heure plus tôt et en allant se coucher une heure plus tôt le soir, on économiserait des bougies, alors un gros budget pour les foyers. Cette sagesse est dévoyée dans notre monde post-industriel car au lieu de se coucher plus tôt, l’ensemble des gens se couchent beaucoup plus tard et réduisent de façon néfaste leur temps de sommeil. Bien des urbains disent que la polémique est absurde, que cela est sans effet… c’est ceux-là même qui se bourrent d’antidépresseurs, qui passent du temps devant leur lampe de luminothérapie ou en cabines UV. Une horloge biologique malmenée Le changement brutal d’horaire d’hiver fait que l’œil et les réflexes associés à la baisse de luminosité ne s’activent pas et ceci a pour conséquence une forte augmentation des accidents de la route et en particulier en ville, où des piétons et des cyclistes sont percutés par les voitures. Du jour au lendemain, ce qui était visible se retrouve dans la pénombre. L’œil et le cerveau ont besoin d’apprentissage pour conditionner des réflexes adaptés. Ainsi, d’une part, une heure légale sans rapport avec la luminosité du lieu où nous vivons et, d’autre part, des changements d’heure brutaux sont une négation totale de la physiologie humaine et même de phénomènes qui régissent la vie sur terre. Il s’agit des biorythmes. Tout un chacun connaît les perturbations d’un décalage horaire. Pourquoi mépriser cette évidence ? Il est montré que nous sommes soumis à une horloge interne autonome qui détermine un cycle de 24 heures environ : le cycle circadien démontré en premier chez les plantes en 1729. Ce cycle se caractérise par la succession d’événements biologiques qui ont lieu de façon périodique toutes les 24 heures. En premier les cycles veille/sommeil. L’être humain a donc une horloge biologique interne qui influence son comportement. Cette horloge, située dans les neurones supra-chiasmatiques de l’hypothalamus, demeure synchronisée avec l’alternance jour/nuit. Elle est soumise aux signaux photopériodiques grâce à la rétine. Changer le curseur sans arrêt provoque de nouvelles adaptations éprouvantes pour l’organisme, entraînant des troubles de l’endormissement par exemple ou des perturbations des sécrétions hormonales. Pourquoi donc nier notre nature physiologique et se mettre au pas des technocrates alors que mère nature sait davantage ce qu’elle a fait. L’heure solaire ou méridienne (GMT) apparaît comme parfaite pour nos organismes issus de cette lumière tant vénérée et respectée par bien des civilisations. *GMT : l’heur e moyenne de Greenwich, en anglais Greenwich Mean Time, est l’heure solaire moyenne au méridien de Greenwich, méridien d’origine des longitudes, traversant l’Observatoire royal de Greenwich à Londres en Angleterre.

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Magazine protestant régional pour les paroisses de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine. Diffusé à plus de 42 000 exemplaires, ce magazine de 32 pages paraît tous les deux mois. Il aborde sous la forme de dossiers, d’entretiens et de mises en lumière la vie de tous les jours, les questions et les réalités de la foi.

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