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L’espoir, pour aller de l’avant

Ils ont été biberonnés aux crises climatique et économique, et ont grandi avec les attentats. Aujourd’hui, ils étudient ou entrent sur le marché du travail en pleine pandémie. No future pour les jeunes nés dans les années 1990-2000 ?

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 15 juin 2021

Auteur : Anne Mellier

Ils ont entre 19 et 27 ans, et des définitions de l’espoir qui se croisent. Une forme de foi en un « mieux ou un aussi bien plus tard » pour Amaury Mellier. Quelque chose de « là ou pas là » pour Victoire Hoehn, qui le distingue de l’espérance : « sentiment vers lequel se tourner ». « C’est ce qui peut permettre de ne pas flancher, de se lever le matin pour trouver un job », ajoute Corentin Bilé, en recherche d’emploi.

Pour tous et toutes, l’espoir est un moteur. Alors quand la question leur est posée de savoir ce qu’ils espèrent pour l’avenir, leur réponse touche d’abord au changement du monde.

« J’espère qu’à l’avenir, toutes les populations seront protégées, indépendamment de leur couleur de peau, de leur genre, ou de leur religion, détaille Corentin. J’espère aussi que les mouvements sociaux vont continuer à batailler, pour lutter contre les politiques liberticides de ces dernières années. » « On assiste à une déconnexion entre les hommes politiques et les citoyens. Ça crée une perte de confiance », estime de son côté Pablo Bayer, qui espère « qu’on va mieux prendre en compte les dégâts faits à la planète ». 

Pragmatisme et sérénité

D’un côté, l’espoir. De l’autre, une forme de désillusion. Un paradoxe assumé. « Je m’attends à beaucoup de drames sur tous les plans, juge Brieuc Mellier. Mais j’espère que notre génération arrivera à renverser la balance. » Même son de cloche pour Juliette Machabert : « On voit plus de gens de notre âge en manif que de gens plus âgés », se réjouit-elle, avant de glisser : « C’est drôle, on n’arrive même plus à se battre pour nous mais on se bat pour des causes. » Pour Pablo, les crises ont forgé « un rapport plus important à l’espoir » pour sa génération. « À un moment où les gens étaient mieux dans leur époque, ils n’avaient sans doute pas autant besoin de se tourner vers l’espoir. Pour nous, c’est une forme de protection. »

En attendant les grands changements, chacun a sa manière d’entretenir l’espoir. « Je muscle ma capacité d’émerveillement », explique Amaury, jeune diplômé ayant signé un CDI récemment. Pour lui, l’espoir n’est pas « une attente béate » mais « rationnaliser autant que possible son rapport au futur ». « Je suis un homme blanc, français, en bonne santé. J’ai un travail. J’ai un profil des plus favorables », jauge t-il. « Pragmatisme et sérénité » sont ses maîtres-mots. Il se réjouit aussi des petites choses, comme les amandiers en fleurs. « L’espoir est partout en fait. Les gens le cherchent souvent mais ne se donnent pas toujours les moyens de le trouver », juge

Victoire de son côté. Pour elle et Juliette, il est dans le rapport aux autres, les petites attentions quotidiennes, les sourires échangés avec des inconnus. Le soutien que l’on peut apporter à autrui. L’espoir se cultive au jour le jour, pour amorcer le changement.

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Magazine protestant régional pour les paroisses de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine. Diffusé à plus de 45 000 exemplaires, ce magazine de 32 pages paraît tous les deux mois. Il aborde sous la forme de dossiers, d’entretiens et de mises en lumière la vie de tous les jours, les questions et les réalités de la foi.

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