Prendre en charge des mineur étrangers

Prendre en charge des mineurs étrangers

Depuis 2012, la fondation Saint-Jean à Mulhouse accompagne des adolescents étrangers arrivés en France sans parent.

Un contenu proposé par Le Nouveau Messager

Publié le 23 octobre 2018

Auteur : Fabienne Delaunoy

Face à l’afflux, la solidarité citoyenne est sollicitée ! 

La fondation protestante Saint-Jean, créée en 1879 par Gustave Stricker, accompagne des enfants et adolescents en difficulté. En plus de cette mission, elle s’est engagée à prendre en charge des mineurs non accompagnés venus de l’étranger. Les conflits armés, les pénuries alimentaires et la pauvreté les conduisent à quitter leur pays dans l’espoir de préparer un avenir meilleur. « C’est une expérience enrichissante pour nous, selon Alix Grousset, directeur à la fondation. Nous avons acquis des savoir-faire et les jeunes, qui ont chacun une histoire singulière, ont une réelle volonté d’intégration. »

De trois jeunes en 2012, la fondation en soutient vingt-quatre depuis octobre 2017. Placés sous l’aide sociale à l’enfance du Conseil départemental du Haut-Rhin, ces jeunes sont suivis par trois éducateurs spécialisés et logés dans des appartements à Mulhouse et Colmar où ils vivent en semi-autonomie.

Des stages et des contrats d’apprentissage

Issouf, 17 ans, est originaire de Côte d’Ivoire. Il est arrivé à Mulhouse il y a quelques mois après avoir passé quatre mois à l’hôtel. Il a intégré la classe des nouveaux arrivants allophones du lycée Bugatti d’Illzach. « J’ai fait trois stages chez plusieurs boulangers et, à la rentrée scolaire, je rentre en CAP boulanger car j’ai trouvé un employeur. Je suis heureux avec ça. » Pendant les vacances, Issouf a continué à améliorer son français et s’est reposé. Car, comme pour ses copains d’infortune, la route vers une vie meilleure en France est très escarpée. « On demande à ces jeunes dix fois plus qu’à nos propres enfants, explique l’éducatrice spécialisée Fabienne Nirefois. Beaucoup d’entre eux n’allaient pas à l’école dans leur pays. » En plus de l’obtention, souvent difficile, des papiers, de nombreux critères conditionnent leur avenir en France. Les jeunes doivent être assidus, sérieux, avoir trouvé leur voie, un projet précis et/ou un employeur avant leur 18 ans, pour ne pas risquer d’être expulsés à leur majorité. « La plupart des jeunes que nous avons suivis y sont arrivés car ils sont très motivés », assure Fabienne Nirefois.

« Je ne regrette pas d’être parti de chez moi »

Ali, 16 ans, et Boukari, 17 ans, ont tous deux quitté leur Mali natal. Le premier a suivi un groupe qui est passé par l’Algérie, le Maroc et l’Espagne et a ainsi voyagé pendant un an dans des conditions difficiles, en laissant derrière lui son grand frère et ses deux sœurs. Ali a commencé à apprendre le français au lycée Amélie-Zurcher à Wittelsheim. « J’aimerais devenir boucher. » Boukari était cultivateur avec sa mère et son frère. « Je ne regrette pas d’être parti de chez moi, le pays est très pauvre et je peux appeler ma famille de temps en temps. » En stage pendant une partie de l’été, le jeune homme va démarrer un contrat d’apprentissage en cuisine à la rentrée. « J’ai trouvé un employeur et je vais travailler dans un restaurant à Wittenheim, je suis motivé. »

Pour ces jeunes, il reste peu de place pour s’amuser et se faire plaisir. « On organise parfois des sorties mais j’aimerais bien avoir plus de temps pour eux », regrette Fabienne Nirefois.

Guy Zolger, le président de la fondation Saint-Jean, lance un appel aux Haut-Rhinois désireux d’aider ces jeunes. « Des paroissiens pourraient passer du temps avec eux, que ce soit en week-end ou en vacances par exemple ».Pour lui, c’est l’occasion de donner le plus de chances possibles à ces jeunes pour qu’ils s’intègrent au mieux. « On devrait considérer cette aide comme un investissement pour l’avenir et non pas comme une charge. Si on change le destin de ces jeunes, ils seront un bénéfice pour la société. »

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Magazine protestant régional pour les paroisses de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine. Diffusé à plus de 42 000 exemplaires, ce magazine de 32 pages paraît tous les deux mois. Il aborde sous la forme de dossiers, d’entretiens et de mises en lumière la vie de tous les jours, les questions et les réalités de la foi.

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