édito

Soyons courageux : prenons notre temps

Dans une société en crise où tout va toujours plus vite, apprenons à apprivoiser nos émotions, retournons-nous sur nos expériences passées, accordons-nous un instant pour faire le point.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 1 septembre 2021

Auteur : Marc de Bonnechose

Injonction à la résilience

La résilience est un mot à la mode. Issu du vocabulaire psychologique, les entreprises l’ont repris pour signifier une capacité d’adaptation dans un monde qui évolue de plus en plus vite. La société elle-même valorise cette agilité nécessaire pour suivre le rythme. Ainsi les jeunes parlent de plus en plus vite, les paroisses tiennent les ouailles en alerte grâce aux réseaux sociaux, les médias ne parlent plus des 115 000 morts de la pandémie alors qu’autant de familles sont encore en deuil… ceux qui échappent à ce rythme sont exclus de fait.

 Courage fuyons

Derrière ces notions réside une incapacité à aborder des questions de fond, volant d’information en information pour ne pas s’arrêter, comme une voiture surferait de crête en crête sur une piste défoncée pour ne pas s’enfoncer dans les cahots du sol. La période estivale aura eu ce mérite de replacer chacun dans son rythme naturel. Les plus lucides en auront profité pour regarder l’an passé avec circonspection. Que fuit-on par cette injonction de la société à s’adapter, faire son deuil, évoluer ?

Expression impossible

Une société qui ne tiendrait plus compte des chaos de la route ni de ceux qui y sont embourbés ne pourrait plus prétendre être belle. Dans l’Évangile, Jésus s’arrête pour parler à un aveugle assis sur le bord du chemin. Cette rencontre physique donne de l’espace à la Parole, elle prend du temps alors que le chemin est encore long vers Jérusalem. Elle est essentielle. Car l’injonction à la résilience est une expression impossible, au même titre que les « sois fort, ne pleure pas, sois courageux » qui peuplent certaines éducations. La résilience ne se décrète pas. Comme la maturité ou le bonheur, c’est un processus involontaire. Il évoque un voyage long, progressif, un voyage de la pertinence dont la lenteur fait ressentir tous les cahots du chemin. Au moment où les paroisses forgent leur projet de vie de l’année, gageons qu’elles sauront discerner ces cheminements à deux vitesses, entre l’agilité de certains et le processus d’ancrage des autres. Une Église à deux vitesses, où la solidarité peut faire merveille.

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