Vive la recherche !

Le progrès scientifique, si longtemps envisagé de manière positive pour le bien-être de l’humanité, est devenu plutôt anxiogène. Et c’est bien dommage.

Un contenu proposé par Paroles Protestantes - Paris

Publié le 12 janvier 2016

Auteur : Anne-Marie Balenbois

Lorsque la bombe atomique a été larguée sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, il est devenu clair que la recherche scientifique, en travaillant si efficacement sur l’extermination de masse, devait être considérée avec la plus grande méfiance. Depuis lors, les choses ne se sont pas vraiment arrangées et les scientifiques peinent à faire entendre leurs points de vue. Est-il envisageable, pour des souhaits de bonne année 2016, d’évoquer les progrès de la science ?

Craindre

Pour avancer, la recherche doit être financée. Où trouver l’argent indispensable ? Dans les budgets de l’armée, dans de très nombreux pays du monde. C’est la raison pour laquelle tant d’équipes travaillent dans le domaine nucléaire, qui bénéficie aussi aux populations civiles grâce aux centrales qui fournissent une électricité bon marché. Pourrait-on remplacer l’uranium par un élément moins dangereux comme le thorium ? Peut-être, mais sans débouché militaire, difficile de trouver des financements.
Dans un autre domaine, les Églises ont tiré le signal d’alarme : les recherches sur la génétique, qui amènent à se poser des questions de fond sur ce qu’est un être humain et son rapport avec Dieu. En effet, que devient le message biblique si l’homme lui-même devient Créateur, avec le clonage et toutes les dérives possibles – et vertigineuses – sur « l’homme augmenté » ? La méfiance se répand en médecine : dans les pays développés, on assiste à un recul de la vaccination, dont les effets secondaires réels ou supposés sont davantage craints que les bénéfices attendus.

Comprendre

Les scientifiques sont des hommes comme les autres ; il y a des gens brillants, des incompétents, ceux qui sont soucieux d’éthique et ceux intéressés par l’argent ou le pouvoir. Mais voilà, pour juger leurs travaux sans se ridiculiser, il faut impérativement avoir soi-même une solide formation scientifique. La philosophie, depuis plus d’un siècle au moins, ne peut plus parler de façon critique et argumentée des avancées de la science faute d’en comprendre le langage. Les journalistes ne font pas souvent un travail objectif et pour le grand public, il reste très difficile de s’y retrouver, entre les gens sérieux et les princes de l’esbroufe.

Espérer

Ayons l’humilité collective d’admettre notre incompétence et tâchons de croiser nos informations, par exemple en ce qui concerne le climat et l’environnement, deux domaines où l’on atteint facilement l’hystérie. Écoutons les scientifiques sérieux, en général calmes et pondérés, reconnus par leurs pairs et non soumis à la pression des États, des religions ou de grandes sociétés (Monsanto par exemple). Ils existent, et sont plus nombreux qu’on ne croit. Simplement, ils sont très occupés et pas pas toujours très doués en expression écrite ni orale, donc rarement invités sur les plateaux télévisés. Nous les voyons exceptionnellement lors de remises de prix, comme le Nobel, où nous sommes souvent surpris par leur modestie et leur hauteur de vue. Vous souvenez-vous des lumineux Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak pour la physique, en 1991 et 1992 ? Connaissez-vous Cédric Villani (médaille Fields 2010) ?
Ayons confiance dans l’intelligence humaine, qui ne peut être bornée par aucune pression (Et pourtant elle tourne ! disait Galilée sur son lit de mort), mais contrôlée par la loi si besoin. Réjouissons-nous des avancées de la science, qui permettent de vivre plus longtemps, plus confortablement. Cela n’empêche pas la vigilance sur les dérives, mais le mythe du savant fou qui veut dominer le monde a vécu. Laissons-le sur les écrans de cinéma, et bonne année 2016 !

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