Vive les retraités, les oiseaux du ciel et les lys des champs !

Vive les retraités, les oiseaux du ciel et les lys des champs !

Stéphane Lavignotte, pasteur de la Maison Ouverte à Montreuil, rappelle que si associations et paroisses ont besoin des retraités, c’est aussi le cas pour la société : pour apprendre à décliner et à conjuguer dépendance et dignité.

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Publié le 12 décembre 2019

Auteur : Stéphane Lavignotte

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Que seraient nos paroisses, nos associations, nos Fraternités de la Mission populaire sans les retraités ? Le monde associatif et politique tient, vit, fait respirer la société parce que des millions de personnes donnent de leur temps une fois à la retraite.

A entendre le gouvernement, la logique serait de retarder l’âge de la retraite : on est en meilleur santé à 60 ans, alors il faudrait travailler jusqu’au moment où on l’est moins. Sans même parler de ce petit avant-goût de Royaume, cette madeleine du paradis, qui serait d’enfin profiter de la vie sans travailler – et bien profiter et non survivre -, ne voulons-nous pas des présidents, des trésoriers, des bénévoles du soutien scolaire ou des cours de français vifs, rigolards, mobiles ? En bonne santé intellectuelle et physique ?

Nous les voulons aussi comme cela car nous avons besoin de les voir décliner. Nous avons besoin d’apprendre de ce moment de l’âge où l’on va petit à petit moins entendre, marcher moins vite, parfois être plus irascible et même faire des colères et des bouderies d’enfant. Cela nous apprend nos propres faiblesses, nos propres limites à un âge où les nécessaires conseils de santé publique rejoignent de manière pernicieuses les injonctions à l’efficacité physique permanente. Une leçon nécessaire dans une période cruciale où c’est toutes nos sociétés qui doivent apprendre à décliner, à décroître, à ralentir pour éviter la catastrophe écologique.

Les moyens de vivre

Mais nous avons besoin de retraités qui ont les moyens de vivre. Dans mon premier poste à la Mission populaire – La Maison Verte dans le 18e – en 2006, j’avais été frappé du nombre de retraités sans le sous qui venaient aux distributions gratuites de vêtements. Le développement du système actuel par répartition a permis de faire passer le taux de pauvreté des retraités de 35 % en 1971 à moins de 10 % en 2004. Il est remonté depuis. C’est un comble à un moment où l’on sait que le coût du quatrième âge, de la dépendance est de plus en plus important : ce qu’on enlève aux retraités dans leur pension, les pouvoirs publics devront de toutes façons le payer autrement.

C’est une douleur, une situation vécue comme une atteinte à la dignité pour des personnes âgées de devoir dépendre des restos du cœur ou de distributions de vêtements après toute une vie de travail. De ne pas pouvoir faire de cadeaux à ses petits enfants à Noël ou de devoir économiser sur ses dépenses vitales pour le faire.

J’aime beaucoup le surprenant refus de l’épargne par Jacques Ellul dans L’homme et l’argent. Pour lui, mettre de l’argent de côté est une manière de préempter l’avenir qui appartient à Dieu. Nous devons dépendre de Dieu pour notre avenir et non de nos […]

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