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Welcome to the hôtel Pavillon bleu

Valérie Rodriguez, directrice-équipière de la Miss Pop de Trappes (78) nous fait rencontrer les demandeurs d’asile d’un hôtel social.

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Publié le 11 février 2020

Auteur : Valérie Rodriguez

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L’hôtel du Pavillon bleu est toujours plein… vous n’avez aucune chance de trouver une chambre si vous passez la porte ! Alors vous pensez sans doute – avec un nom pareil – que c’est un merveilleux petit hôtel avec vue sur mer et pratiquant des prix très abordables, à Cannes, à Nice ou Soulac sur mer … En réalité, l’hôtel du Pavillon bleu se situe à Trappes, dans les Yvelines, le long de la fameuse RN10 dont le bruit est parfois si assourdissant qu’on hésite à ouvrir les fenêtres même en plein été.

Aïssata

Alors quel est l’attrait de ce petit hôtel décrépi, vieillot, aux cloisons mal insonorisées ??? C’est un hôtel social qui accueille, depuis maintenant plusieurs années des demandeurs d’asile, des personnes sans papiers, des destins brisés, des espoirs avortés, des rêves piétinés… Les personnes accueillies viennent de tous les coins de la planète, Géorgie, Pakistan, Afghanistan, Soudan… ; certaines sont là depuis quelques semaines, d’autres depuis plusieurs années. Des années à l’hôtel pour Aïssata (1) qui, avec son fils, tente de se reconstruire et voit maintenant la fin d’un long parcours difficile, elle vient en effet d’obtenir son titre de séjour. Quand elle est arrivée, elle ne parlait pas un mot de français et son fils, traumatisé par ce qu’il avait vécu en Libye, faisait des cauchemars toutes les nuits et hurlait dans son sommeil. Aujourd’hui, Aïssata sait lire et écrire, elle a trouvé du travail et son fils réussit à l’école. Elle vit toujours à l’hôtel car son petit boulot ne lui permet pas encore de voler de ses propres ailes. Mais cet hôtel et les gens qu’elle a pu y croiser l’ont aidé, durant toutes ces années, à tenir le coup.

De belles histoires

Malgré son aspect décrépi, presque insalubre, cet hôtel cache aussi de belles histoires. Dans ce microcosme aux couleurs du monde se vivent de belles solidarités. Aïssata, qui connait maintenant très bien la ville de Trappes, est devenue le « guide » de ceux et celles qui arrivent… Elle les emmène à la Miss Pop pour qu’ils puissent s’inscrire pour des cours de français, les aide dans leurs démarches administratives et joue la mère Noël quand on lui donne un sac de vêtements qu’elle s’empresse d’aller distribuer à ceux et celles qui en ont besoin dans les autres chambres de l’hôtel. Son sourire est permanent et son courage immense. Parfois, quand j’ose me plaindre de mon destin de nantie, je pense à elle, à ce sourire, à cet espoir d’une vie meilleure qui jamais, tout au long de ces années sombres ne l’a quitté… Aujourd’hui, son ciel s’illumine…

Ici vit aussi Amiran (1) et sa famille, ils arrivent de Géorgie et sont là depuis plusieurs mois, ils attendent un hypothétique titre de séjour qui, peut-être, ne viendra jamais… Mais derrière ces murs abîmés, ils ont fêté Noël dans la joie et l’espérance. Ils ont fêté Noël avec les bénévoles du Secours Catholique et les autres résidents de l’hôtel… Et sous le sapin, la solidarité était encore présente.
Ici vit aussi Claudio (1), il arrive d’Afrique du Sud, il est très jeune et ne parle pas beaucoup… on ne sait pas quelle est son histoire, comment il est arrivé en France, qui il a laissé derrière lui …

La vie reprend ses droits

Ici des histoires se croisent et s’entrecroisent, des destins se rencontrent, des amitiés se nouent. Bien sûr, tout n’est pas rose… Les conditions de vie ne sont pas si faciles à l’hôtel. On ne peut pas vraiment cuisiner, il faut s’organiser pour utiliser les micro-ondes et les frigos, les chambres sont petites et on manque d’espace… Mais la vie reprend ses droits et la vie, c’est parfois aussi simple qu’un sourire échangé dans le couloir, un couscous partagé dans une chambre un soir de ramadan, une nouvelle paire de baskets donnés par quelqu’un qui a frappé à la porte, un puzzle découvert sous le sapin de Noël et qui permettra de faire passer un peu le temps… Le temps qui passe parfois si lentement quand on attend…

(1) les prénoms ont été changés

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